Pezon & Michel

PASSION, QUAND TU NOUS TIENS…OUVERTURE DE LA TRUITE 2007 DANS LES PYRENNEES!

Actualité rédigée le 23 Apr 2007 par Lionel ARMAND.

Tout d’abord et avant de vous dresser un petit bilan de cette ouverture sur les gaves Pyrénéens, permettez-moi de vous souhaiter, à tous les mordus de pêche à la truite, une bonne et enrichissante saison 2007.

L’ouverture, pour moi et pour beaucoup de mes connaissances, c’est bien sûr le plaisir de se retrouver au bord du cours d’eau que l’on chérit, mais aussi l’occasion de célébrer cette fête avec ces amis. On connaît tous bien sûr les espoirs que l’on peut s’inventer durant cette longue période de disette mais force est de constater que les jours J ne sont généralement pas les meilleurs moments pour réussir à rencontrer des dames farios goulues. Par ce constat, je m’attache donc plus à partager ces moments avec mes camarades de pêche qu’à en découdre avec les méfiantes autochtones à nageoires.

Cette année, les conditions sont bien plus favorables que l’année passée (crue exceptionnelle avec quasi impossibilité de pratiquer même en montagne..), quelques jours auparavant la pluie avait regonflé les cours d’eaux qui en avaient bien besoin. Ce retour de la pluie et du froid, après une inhabituelle période de temps estival, ne pouvait qu’entraîner un ralentissement dans le métabolisme de nos chères et laissait supposer des niveaux idéaux pour la pêche avec des truites certainement grelottantes et peu actives.

Jour J :
Comme les années passées, RV  avait été pris avec Guillaume R. 6h45, le voilà à l’heure, salutations et comme par automatisme nous chargeons le matériel dans le véhicule sans perdre de temps. Direction le gave qui a été retenu en commun. Nous ne sommes pas les plus matinaux et arriverons sur le site alors que le jour est déjà bien là. Ça ne fait rien, nous ne sommes plus aussi impatients que par le passé et prenons le temps de nous équiper en discutant.
Nous voilà au bord de l’eau, un léger brouillard survole le gave et habille le site d’un décor que nous ne lui connaissions pas. Chacun se positionne, déplie sa canne et esche son hameçon d’un joli petit vers de taille moyenne.
C’est pour moi aussi l’occasion de tester l’ensemble de mon équipement : canne « eaux vives » en 4m20, corps de ligne « color line » white en 12,8/100, bas de ligne sensas 12/100, hameçons spécial appâts vivants en n°8 en montage pyrénéen et micro émerillon baril pour relier le tout. Les premières dérives sont agréables et bonne surprise la glisse du nylon est parfaite. Voyons ce que ça donne avec une truite au bout maintenant.. Après une bonne demi-heure de pêche sans aucun résultat, à la sortie du pool prospecté, ma ligne marque un bel arrêt et le poignet réagit simultanément, voilà la première qui s’est décidée à faire ma connaissance. Elle accuse un petit 25cm pour la rivière et se rend après avoir fait vibrer à plusieurs reprises  le scion de ma canne. Pour ce premier test, je suis satisfait et ai hâte de recommencer avec un poisson plus honorable.
Comme prévu, les truites sont discrètes et les pêcheurs en face de nous semblent déjà découragés. Nous changeons de poste et passons à celui plus en aval, un long courant profond juste à la confluence avec une autre rivière de moindre importance. Après avoir opéré les différents ajustements inévitables dus au changement de poste, c’est reparti. Je sens que ça passe bien et souvent dans ces cas là la touche se produit : « manqué ! », bon, rien de grave, elle a juste goûté à mon appât et devrait être de nouveau au RV au prochain passage. Voilà que mon montage arrive dans la zone et hop cette fois elle m’indique qu’elle est piquée et s’engage dans le profond sans retenue. C’est sûr, c’est sa grande sœur, et apparemment elles se sont bien remises de l’hiver vu l’énergie déployée. Guillaume me rejoint et assiste au dénouement, voilà la valeureuse dans l’épuisette, superbe ! Rapidement mesurée (42cm) et prise en photos, elle repart voir sa famille peut être sans même me remercier, en fait c’est moi qui m’applique à cela.  A partir de ce moment, je savais que la saison était réellement lancée.

Je sens que Guillaume est impatient d’avoir lui aussi ces sensations, quoi de plus normal, je l’encourage et lui propose d’essayer mon ensemble, il s’exécute et apprécie lui aussi la justesse de l’équipement.

Le soleil a fait fuir la grisaille, les truites elles aussi on dû aller se cacher, plus rien ne se passera de l’autre côté de la ligne mais cela nous permettra de rencontrer d’autres pêcheurs et d’échanger quelques mots. L’heure est vite passée, et le déjeuner collectif avec la joyeuse bande s’annonce. Et ça, si c’est pas un moment magique, avec de surcroît un  temps splendide. La joie est là, chacun y va de son récit et analyse ces quelques heures passées, d’autres parlent déjà du coup à la mouche de l’après-midi et les grands combattants du matin se refont une santé en se régalant des goûteux produits du terroir.
Une fois honoré ce repas de fête, nous reprenons le fil du sujet, comme à notre habitude, nous établissons des binômes et nous nous répartissons les zones de pêche.

Nous voilà positionnés, un pêcheur en face est déjà en attente et nous l’imitons. Petit regard sur les boîtes à mouches et les créations qui ont vu le jour durant cette période hivernale, que du beau, avec ça les truites les plus réticentes seront obligées d’avoir un petit creux, pensons-nous, à voir...


Les premières mouches commencent à dériver, essentiellement des béatis bruns. C’est le moment d’ouvrir grand les yeux et de s’essayer à localiser un museau qui s’adonne à la collecte. L’eau froide et la trop grande lumière doivent bien être à l’origine de la gène car rien ne bouge, ce ne sera pas une grande partie de pêche. Malgré tout et après avoir fait les hérons pendant de longues minutes dans une eau à 7°, il me semble avoir aperçu un corps fuselé se décaler latéralement juste devant une lause, là à une dizaine de mettre de nous. Guillaume m’aide à repérer le poisson, oui il est bien là. Il récupère délicatement les quelques insectes qui passent à proximité, non pas voracement, même pas en laissant un rond significatif, juste en aspirant de façon presque indécelable. Heureusement, que nous l’avons localisé dans un de ces déplacements sinon nous l’aurions certainement dérangé sans nous douter.
Au tour de guillaume de se frotter à ces dames, une branche basse complique le lancer, le coup de ligne n’en sera que plus honoré si tout se passe bien. Un beau « cul de canard » marron-brun en n°10 est attaché à sa pointe de bas de ligne. Petit réglage en distance, et quelques lancés de côté pour lancer la mécanique et c’est posé, « bien » je pense, mais sa mouche n’a pas été cueillie, prochain coup plus sur le côté qui ne devrait pas l’intéresser, mais non elle se retourne, vient vers nous et avale l’imitation. Guillaume est surpris mais réagit, la ligne est trop détendue, ce qui entraîne un ferrage un peu mou qui malgré un contact ne piquera pas le poisson. C’est foutu…, mais non le poisson comme râlant de ne pas avoir eu ce qu’il voulait, se repositionne et recommence son manège, deuxième chance et là tout est parfait et Guillaume profite du combat avec cette belle et généreuse truite du gave. L’appareil photo sera de nouveau sorti pour immortaliser ce doux moment, puis relâche conventionnelle.

Plus rien par la suite, ce qui nous amènera à reprendre les cannes à toc pour finir cette journée d’ouverture. Quelques poissons ratés et petites captures plus tard nous arrêtons notre partie, moment où nous nous rendons compte de notre fatigue, cachée jusque là par le plaisir.
Un dîner entre copains en guise de débriefing clôturera cette journée.

Jour J+1 :
Aujourd’hui ça sera pêche à la mouche, après un petit déjeuner en comité restreint, le petit groupe s’étant un peu éparpillé sur le territoire. Toujours autant de plaisir de grignoter au bord de l’eau et de se retrouver, un petit apéro réaffirme nos liens..
Serge sera mon compagnon du jour, il me laisse choisir le secteur de pêche et je le dirige jusqu’au stationnement. On s’équipe et hop dans l’eau, elle est toujours aussi froide et les poissons toujours engourdis, bilan : un poisson enfuit parce que réveillé par notre présence et c’est tout ! Enfin, quand même un bon moment passé ensemble à essayer nos ensembles et à relater notre partie de pêche de la veille.

Jour J+6 :
Retour aux affaires, ça commencait à me manquer. C’est après-midi ça sera en solo et uniquement à la mouche. Y a déjà du monde partout et je suis obligé de choisir un coin moins accessible. L’éclosion, comme souvent en, début de saison, est irrégulière mais bon les niveaux sont bons et la visibilité sous l’eau correcte. J’entame ma prospection, « ah gobage », apparemment un beau poisson.. je règle la distance et posé, « mince ça drague ». j’accompagne les prochains shoots d’un posé spécial pour limiter l’effet des contre courants, là c’est ok mais rien ne se passe, je dois me résoudre à dépasser le poste, le poisson ayant dû être alerté, certainement par le draguage. Pas grave, j’ai bon espoir pour la suite. En effet, d’autres poissons m’indiquent leur présence et j’en capturerai deux d’environ 30 cm. L’éclosion terminée, j’insiste sur les postes qui gardent régulièrement les truites et réussis à en localiser une dernière, dans cette petite veine d’eau qui amène contre ce gros cailloux. Je monte une petite nymphe légèrement plombée et lui propose, ça l’intéresse, elle se décale, je ferre et.. raté, mais alors bien ! Et là forcément je râle, car c’était la dernière. Mais comme si je ne devais pas terminer sur cette note, je scrute le poste un poil plus haut et là, une superbe truite déambule. Sa robe semble parfaite sur son fond de strates calcaires, ses nageoires rouges flamboyantes m’ont bien aidé à la repérer. « Alors, comment je l’attaque », ça sera avec une petite sèche vu la profondeur dans laquelle elle évolue. Premier passage et j’assiste à un gobage comme je les aime, sans insouciance, quelle joie !!
Après un digne combat, elle se rend. Je procède à un petit prélèvement d’écailles, qui servira ultérieurement à une étude scalimètrique (étude qui permet de déterminer l’âge de l’individu), je la mesure (44cm), je la photographie et la relâche satisfait. Mince, 4 heures, je suis à la bourre...

Jour J+7 :
RV chez Guillaume B. pour une nouvelle après-midi à la mouche. Après l’habituel « prêt pour cette journée de rêve » et le transfert de matériel effectué, direction la rivière. Durant le trajet, j’informe Guillaume du programme que je lui ai composé pour cette journée et les secteurs que nous devrions prospecter. J’ai bien dit « devrions », car là, mauvaise surprise le secteur 1 est pris, puis le secteur 2, puis le secteur 3, je commence à perdre espoir, le temps passe et les possibilités deviennent de moins en moins intéressantes. Nous voilà enfin sur un secteur libre. Vite changés, nous nous dépêchons pour rejoindre la rivière. Nous avons juste le temps d’avaler nos casse-croûtes et nous commençons la partie avec l’envol des premières éphémères. Là, juste devant nous, j’aperçois un poisson actif, je le tente à l’arbalète mais sans succès, il n’est d’ailleurs plus en poste.. au suivant. De loin, il me semble avoir repéré une petite forme noire fendre la surface, c’est difficile à discerner au milieu des vaguelettes mais après un certain temps d’observation, le poisson se manifeste et Guillaume le repère aussi.
Juste contre la berge, à quelques centimètres de cette colonne de ronces. Dûr pour l’attaquer, lui qui est un faux débutant et qui ne maîtrise pas le revers. Je lui donne les conseils essentiels pour qu’il atteigne cette distance de 10 mètres qui nous sépare, après quelques essais sur la gauche pour se régler et un résultat très satisfaisant, il se tente la zone à prospecter. C’est pas mal, posé légèrement à gauche, rien. Ça va de mieux en mieux, il dépose sa mouche sur la veine nourricière et là se produit la récompense d’un bon posé et d’une bonne dérive : malheureusement c’est raté. Pas de suite à celà.
La partie haute du parcours nous permettra d’exercer à deux, l’éclosion n’aura pas duré, je choisis la nymphe lourde quand à guillaume, il continue en sèche.
Je décrocherai un poisson, et attraperai l’unique poisson de la sortie sur le haut du parcours. Le plus pour ce début de saison, 48cm de muscles, Guillaume procèdera à quelques clichés puis à elle la liberté. Fin de cet acte.

Bilan : quelques captures mais surtout de bons moments de camaraderie et le plaisir de retrouver une certaine liberté dans ces grands espaces qui me sont chers.

Voilà le récit de ma période d’ouverture, j’espère pouvoir vous en faire partager d’autres à l’avenir, en espérant que vous aussi si vous êtes pêcheur, vous trouverez le bonheur et le bien être que l’on peut ressentir à travers cette activité.

Lionel.

Site professionnel : http://www.guidepechepyrenees-64.chasseurdetruites.com

 

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