LA TRUITE AU TOC, CONSEILS D’OUVERTURE 2/2

Après avoir vu dans la 1ère partie le matériel qui compose notre ligne, les appâts et les différents états de cours d’eau que l’on peut rencontrer à l’ouverture, il temps d’évoquer comment on aborde chaque type de cours d’eau et la canne qui lui correspond. Nous verrons aussi comment bien employer celle-ci dans chaque configuration.

Cas de la petite rivière et du torrent :

Suivant l’importance de la végétation, on choisira généralement soit une canne télescopique soit un canne à fil intérieur.

La canne télescopique, plus longue puisque comprise entre 4 et 7 mètres aura besoin de place et d’ouverture pour être manier sans gêne. La série Eaux Vives « Minéral » propose différents modèles d’un excellant rapport qualité prix, pour ma part, c’est la « Pur Celeste » qui m’a vraiment impressionné. Ces cannes réglables en longueur permettent une pêche à roder principalement à l’aplomb de celles-ci. Elles sont très efficaces pour la pêche de poissons cavés, par contre, les poissons de pleine eau pourront parfois détecter le passage du scion sur leur dos ce qui pourrait provoquerd’éventuelles fuites.

Truite prise en petite rivière

La canne à fil intérieur est couramment employée pour la pêche des torrents pyrénéens. Son atout premier, faut-il le rappeler, est de pouvoir se faufiler à travers branches et arbres sans craindre les accrochages intempestifs du fait du passage du nylon à l’intérieur de la canne. Le fil est guidé par des entretoises servant d’anneaux intérieurs. L’« Erreka » et la « Geres » ainsi que la « Pur Tactile » sont les trois modèles de la gamme Eaux Vives. Suivant la canne, vous aurez l’option ou non de pouvoir faire évoluer la longueur grâce à la rallonge, ce qui peut être recherché suivant la nature des postes et les habitudes de pêcheur. Toutes ces cannes sont en général puissantes et dotées d’une action de pointe.

En action de pêche :

Vu la taille du cours d’eau prospecté, la règle est de pêcher en remontant le cours d’eau afin d’éviter au plus le regard du poisson sauvage. Il faudra rechercher les postes à courants ralentis pour y déposer son appât : derrière des cailloux, bordures de courant, long des berges, remous, alentours d’obstacles… une cache devant toujours se trouver relativement proche. La touche interviendra à la sensation de «toc» dans la main libre qui tient le crin à la sortie du moulinet. Elle peut-être aussi visible grâce a un comportement visuel étrange de votre ligne lors de la coulée : bloquée, décalée, parfois déplacement à contre courant… C’est le moment de ferrer, une truite goûte à votre appât. En l’absence de touches, passez au prochain poste et remontez la rivière en proposant votre offrande deux ou trois fois sur chaque coup, pas plus. Marchez lentement, sans bruit et sans gestes exagérés.

Pêche en torrent

Cas de la grande rivière :

Sur ce type de cours d’eau large à très large (10 mètres et plus), un modèle de canne surclasse les autres dans son utilisation : la canne type anglaise. Une canne anglaise est une canne de longueur comprise entre 3 mètres 60 et 4 mètres 50 pour la plupart des modèles du marché et composée de 3 ou 4 éléments. La longueur standard employée est de 3 mètres 90. Son poids est léger, moins de 200 grammes et possède soit un système de bagues soit un système de crémaillère pour positionner et bloquer le moulinet au niveau du talon. Des anneaux extérieurs la conduite de la ligne le long du blank, à savoir que plus vous aurez d’anneaux, plus la glisse du fil sera améliorée. Comptez entre 13 et 16 anneaux en moyenne pour ce genre de modèle. Quand à l’action, en période d’ouverture, il vaut mieux une canne d’action rapide. C'est-à-dire une canne qui fléchit au niveau de son extrémité, sur l’élément de pointe voire un peu plus. Elle permettra des lancers rapides et maitrisés de votre plombée plus lourde de début de saison et assurera le contrôle d’un beau poisson piqué dans des cours d’eau à fort débit. Prévoyez une épuisette adéquate afin de parer à cette éventualité.

Mise à l'épuisette d'une truite

Dans les modèles confectionnés par Pezon et Michel, la « Feather Weight » 3 mètres 90 est indéniablement ma préférée. Etant à l’origine du cahier des charges régissant sa conception, elle répond parfaitement aux exigences des pêcheurs passionnés par la technique :

- 16 anneaux surélevés, des bagues non fixes pour un positionnement optimisé du moulinet afin d’équilibrer convenablement l’ensemble.

- Une action rapide mais suffisamment progressive pour s’adapter aux luttes et démarrages de beaux poissons, un poids léger comme son nom (158 grammes).

- Un blank mat tirant sur le noir.

- Un accroche hameçon simple.

- Un prix très doux pour un modèle de ce calibre.

En résumé c’est une canne qui dans sa gamme marquera sans conteste génération.

D’autres modèles sauront ravir les pêcheurs occasionnels ou réguliers grâce à leur rapport qualité-prix imbattable: la « Minéral Diospide », nouveauté 2015, qui intègre le milieu de gamme de la famille Eaux Vives, et l’« Isère » sont deux cannes qui possèdent toutes les caractéristiques exigées d’une canne de type anglaise pour la pêche aux appâts naturels.

Truite prise en dérive naturelle

En action de pêche :

En cours d’eau supérieur à 10 mètres de large, la pêche la plus agréable est la technique de pêche au « toc pyrénéen ». Cette technique consiste à réaliser une pêche qui tend à reproduire la dérive naturelle d’un appât. Il faut donc imaginer le cheminement d’un appât au ras du fond et dirigé par les courants d’une veine d’eau. La meilleure manière pour reproduire ce transport est de se positionner à la perpendiculaire de la veine, face au poste ou légèrement en son amont. Une fois posté regardez vers la veine, il faut lancer en amont, en général deux mètres, pour laisser le temps à l’appât de traverser toute la colonne d’eau et se positionner sur la couche de fond. De là, l’idéal est de réussir à présenter l’appât en tête de cortège pour que sa présentation soit la plus naturelle possible sur tout le long de la dérive. Pour cela, il vous faudra accompagner votre canne en surplomb de la ligne, sans retenir et sans devancer le montage. Votre passage de ligne sera pêchant sur quelques mètres, ne cherchez pas à donner de la réserve, cela ne servirait à rien, à moins d’avoir beaucoup de chance… La touche se traduira par un comportement bizarre de la ligne, freinée ou arrêté dans son déplacement vers l’aval. N’attendez pas le « toc » en pêchant de la sorte ou sinon gare aux ferrages dans le vide ! La touche est bien plus visuelle que tactile.

Pêche en dérive naturelle

Après avoir bien visité les veines d’eau face à vous, descendez de quelques mètres sur le courant porteur et continuez votre partie de pêche. En période d’ouverture, privilégiez les zones creuses du courant en évitant les coups trop profonds et difficiles à pêcher. Les zones où le fond se relève vers l’arrière d’un pool sont aussi de très bons postes à prospecter.

Et n’oubliez pas d’adapter votre plombée et votre hauteur de pêche aux caractéristiques du poste. Le guide fil devra se positionner quelques centimètres au dessus de la surface pour bien interpréter les touches et votre appât installé au plus près du fond et transporté de manière naturelle, sans donner l’impression d’être attaché à un boulet.

Si vous respectez la plupart de ces conseils, vous serez surpris de toucher des poissons que vous ne touchiez pas avant. Ensuite, il vous faudra peaufiner la technique car dans ces quelques lignes ne vous sont transmis que les principes de base de la pêche aux appâts naturels.

Une pêche passionnante qu’il vous faut essayer à tout prix si vous êtes pêcheur de truites !

Sur cet abécédaire de la pêche au toc, je vous souhaite à tous de bien profiter de cette ouverture truite et de ce début de saison.

 

Lionel ARMAND

Moniteur-guide de pêche dans les Pyrénées

Organisateur de stages et séjours de pêche spécifiques truite

Site pro : www.stagepechetruite.com

Blog pro : www.guidepechepyrenees.com