LA TRUITE AU TOC, CONSEILS D’OUVERTURE 1/2

Dans l’attente de ce deuxième samedi de mars, date d’ouverture généralisée pour la pêche de la truite,  je vous propose un petit récapitulatif pour bien aborder la truite au toc.

Même s’il est sommaire, ce mémo vous conseillera et peut-être vous évitera quelques erreurs et déconvenues lors de vos prochaines sorties.

Nous verrons comment aborder les deux principaux styles de rivières : le torrent et ruisseau que nous regrouperons et la grande rivière avec ses 10 mètres de large voire beaucoup plus.

Avant tout, parlons des aspects communs à chaque milieu et à leur pêche :

L’état des eaux :

Il variera en fonction de la météo des jours précédents. Certainement que le point commun sera une eau froide qui n’entraine pas la truite à être très active. La période de reproduction n’étant pas si éloignée, les beaux sujets seront affaiblis par leurs efforts et ne chercheront pas les forts courants pour éviter les fatigues supplémentaires.

Il faudra donc orienter notre pêche sur les zones pas trop agitées par les forts courants, cascades, accélérations, rupture de pente… et privilégier les zones amorties, ralenties, à faible pente, parsemés d’obstacles qui ralentissent le flux. Les bordures de berge sont aussi d’excellents postes.

Suivre les températures d’eau nous informera sur la probable activité des truites sur chaque rivière, en résumé, plus l’eau est froide, moins l’activité des poissons sera soutenue.

Rivière claire à l'ouverture

Question clarté de l’eau, nous pourrons rencontrer 4 états :

- Une eau claire nous sera favorable puisque nous pourrons bien juger la rivière et réfléchir notre pêche. Mais attention à l’approche, la truite vous verra aussi très bien !

- Une eau juste teintée par l’eau de pluie sera synonyme de partie de pêche réussie, l’eau de pluie étant souvent plus chaude que celle de la rivière, elle réveillera l’activité des poissons et apportera une nourriture providentielle ;

- Une eau marron, la pêche est toujours possible et parfois réserve de belles captures car les grosses, masquées par cet écran, pourraient sortir de leurs caches. Pour l’occasion, le ver sera l’appât à utiliser et devra être vivant et assez lourd pour faire réagir la truite. Une pêche de bordure dans les zones de remous sera à adopter ;

- Une eau de neige compliquera la pêche, mais rassurez vous, la truite devra bien manger à un moment… La froideur de l’eau obligera à pêcher au ralenti, vous pêcherez à laisser rouler votre appât, l’important sera de passer lentement sur le fond et si possible au plus près des obstacles ou dans les cuvettes.

Rivière en crue

Les appâts :

Avoir toujours au moins deux appâts avec nous est une règle à suivre. Pour ce début de saison, le meilleur appât sera sans surprise le ver de terre. Sans être trop gros, une taille de 6 à 10 centimètres conviendra parfaitement. Par son poids et sa densité, il tiendra bien le fond et sera familier pour la truite. Ensuite, l’autre appât qui pourra compléter convenablement est la teigne. Appât non naturel pour la truite, elle est néanmoins de forme et de taille ressemblant aux larves aquatiques à condition de la choisir assez petite. Poisson opportuniste, la truite goûte à tout. Vous pourrez aussi essayer le fromage pour l’ouverture, son odeur et sa densité en font aussi un mets efficace même s’il n’est pas vivant et naturel. Les larves aquatiques n’étant pas encore suffisamment formées à cette date, attendez un peu plus tard dans la saison pour envisager leur emploi. Eventuellement, pêcher à l’asticot là où les dérogations préfectorales le permettent. Cet appât sera néanmoins bien plus intéressant à l’approche de l’été.

La ligne :

Le nylon qui constituera la ligne à pêcher sera un nylon fluorescent. Le nylon Eaux Vives « Color Line » est le nylon par excellence pour bien pêcher aux appâts naturels. Il vous permettra de bien suivre le déplacement de votre ligne lors de la coulée. Un diamètre 14,8/°° sera le bon compromis quelque soit le cours d’eau.

En pointe, utiliser un nylon de type anglaise en 12/°° qui par ses propriétés conviendra à cette pêche. L’hameçon devra être choisi en fonction de l’appât utilisé, aussi bien en taille qu’en couleur. Si vous voulez éviter de monter vos lignes au bord de l’eau, des hameçons montés sont déjà tous prêts à l’emploi ou bien pensez à les confectionner chez vous.

Un micro émerillon baril ou rolling Eaux Vives marquera le raccord et évitera les effets de vrillage dus aux forts courants et à l’effet hélicoptère provoqué par l’appât lors de la récupération de votre ligne.

Pour signaler le positionnement de la ligne, optez pour un guide fil à mettre sur le corps de ligne. Choisissez la couleur et la taille que vous verrez le mieux sans exagérer la dimension, cela évitera une cassure dans la ligne.

Nylon fluo color line

Dernier point, la plombée. Elle fait régulièrement débat. Pourtant, au moins pour l’ouverture, la généralité est de composer une plombée lourde et concentrée qui aura pour rôle de maintenir l’appât prês du fond. La plombée sera donc constituée de 5 ou 6 plombs en général avec le plus léger positionné proche de l’appât. Un exemple de plombée type : deux n°4, deux n°5, un n°6 et un n°7 ce qui fera un poids total de 0,78 grammes. Le premier plomb léger n°7 à 7 centimètres de l’appât et le dernier à 16 centimètres. A moins d’une rivière très puissante, le lestage sera généralement inférieur en 1 gramme.

L’important à mes yeux est de sentir que la ligne passe convenablement sur les postes, sans trop d’accrocs. S’il y en avait, corrigez soit la hauteur de pêche, soit le poids global de la plombée concentrée.

Le transport des accessoires & consommables :

Pour transporter au bord de l’eau, boîte à plombs, hameçons, fils, guide-fils et autres accessoires il y a trois possibilités :

- Le traditionnel gilet de pêche à multiples poches ;

- Le plaston Eaux Vives « Héritage » qui a ma préférence pour sa position haute sur le pêcheur et la réunion de tous les accessoires au même niveau devant soi ;

- La ceinture Eaux Vives « Havane » qui conviendra pour les baroudeurs en rivières peu profondes.

A vous de choisir votre style.

Matériel et plastron eaux vives héritage

Le moulinet :

Un moulinet à tambour fixe (ou moulinet à lancer) de petit taille viendra compléter l’attirail. Choisissez un moulinet léger, moins de 250 grammes avec un bon frein progressif  et une récupération au tour de manivelle supérieur à 60 cm/tour. Les moulinets Invitation RC FV 20 et RC FR 20 ou bien le Redoutable MX FV 20 conviendront à assurer le lancer / ramener et le débobinage du fil utile à cette pratique. Un moulinet à tambour tournant est aussi souvent employé.

Viens ensuite le choix de la canne, et ce choix se fera en fonction du cours d’eau prospecté et de l’environnement naturel.

Dans un prochain article, vous pourrez lire la suite où je vous conseillerai sur le choix de la canne et son utilisation suivant les différents milieux.

Truite prise au toc

A très vite pour la suite et fin de l’article… 

 

Lionel ARMAND

Moniteur-guide de pêche dans les Pyrénées

Organisateur de stages et séjours de pêche spécifiques truite

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