FERMETURE TRUITE EN HAUTE-SAVOIE (74)

Première semaine d'octobre 2016, le séjour programmé en janvier dernier au salon de Cournon (Clermont-Ferrand) arrive enfin, il et temps d'aller découvrir de nouvelles vallées sur le territoire alpin et se frotter aux truites de cours d'eau réputés de Haute-Savoie.

 

Réunion entre truiteux de la Team Pezon et Michel.

Pour ce séjour hebdomadaire, j’étais accompagné d'Eddy BERTRAND durant la totalité du séjour, Ludovic BRIET nous rejoindra en fin de semaine comme promis.

Premier constat, les alpes comme la majorité du territoire français n’ont pas été épargnées par le manque d'eau. La pêche sera, on le savait d'avance, difficile... Mais des vacances restent des vacances et changer d’air et se retrouver entre copains sont avant tout les buts recherchés.

Priorité à la pêche aux appâts naturels et en nymphes avec nos cannes anglaises de la gamme Eaux Vives pour essayer de débusquer quelques mouchetées dans les veines d'eau encore suffisamment vivantes et rapides.

 

Début de séjour :

Après avoir retiré nos permis auprès du magasin « Au rond dans l'eau » de Fillinges (le département de Haute-Savoie n’est pas réciprocitaire, il vous faudra en conséquence vous acquitter d’un permis départemental pour exercer votre passion), puis bénéficié de quelques conseils des vendeurs, toujours bienvenues quand on ne connaît pas un territoire, direction un premier cours d'eau de la région : Le Giffre

Plutôt amateurs de rivières larges, Eddy et moi, et sous les conseils de Ludo, avons commencé la découverte du réseau hydrographique par cette rivière accessible. Elle s’écoule dans une vallée ouverte, large à cette époque d'une quinzaine de mètres et roulant sur des fonds d'alluvions essentiellement. L'eau est cristalline et le débit suffisant pour s'attendre à toucher quelques pièces. Comme toujours dans l'inconnu, il faut un peu de temps pour trouver des accès et s'accorder sur le choix d'un parcours. Avec l’aide de cartes IGN et de la localisation GPS nous repérerons quelques parcours semble-t-il intéressants. Nous y voilà enfin, les FEATHER WEIGHT en 3m90 sont montés et nos vers se balancent prêts à gagner les fonds du cours d'eau.

Les premiers passages dans cette eau cristalline ne donneront rien, par contre, dés que la ligne fut portée plus près d'obstacles, les premières touches se manifestèrent et donneront lieu aux premières captures. Compteurs débloqués pour nous deux sous un soleil franc et radieux.

Notre visite sur d’autres secteurs de la rivière confirmera que les poissons avaient besoin de structures proches pour se positionner et être mordeurs.

 

Premier bilan : une bonne journée de démarrage dans un cadre montagnard très appréciable. Des poissons volontaires par passades avec des touches provoquées plutôt franches.

 

Suite du séjour :

Nous chercherons à accorder notre temps de pêche à la découverte d’une vallée par jour. En jour 2, nous irons traîner nos guêtres sur la basse Dranse. Changement total de décor et de relief, cette rivière encaissée chemine en creux de vallée et propose un visage digne d’un torrent de montagne surpuissant et large, environ une vingtaine de mètres en moyenne.

Là, les caches sont partout et le poisson à le choix du positionnement. On sent que cette rivière à la mode est très fréquentée à la vue des nombreuses voitures garées sur son long, même en semaine. Touristes pêcheurs et locaux sont présents en nombre et la rivière n’a, semble-t-il, pas le temps de se reposer. La route qui la longe en continue et la proximité des nombreuses villes qui bordent le lac Léman expliquent cela.

À la vue du faciès, on comprend vite que la pêche sera technique vu la foultitude de courants qui s’entremêlent et l’infinité de postes à pêcher. Les gros blocs et les fosses sont omniprésentes, bien normal que les belles truites fario et lacustres apprécient ce cours d’eau, où les déloger ne doit pas être une mince affaire…

Réglages réguliers de profondeur sur nos guides-fil EAUX VIVES et ajustements constants de notre plombée seront de mise pour pêcher juste.

Bien rapidement, nos FEARTHER-WEIGHT prendront contact avec quelques poissons bien gras et d’assez belle taille. Pour ma part, je me suis retrouvé dans mon élément, une rivière imposante où rien n’est facile et où une bonne expérience est indispensable pour réussir.

 

Bilan : très contents de cette journée avec l’envie d’y revenir dans la semaine…

 

Le jour 3 :

Direction le sud-ouest du département pour s’essayer sur d’autres cours d’eau bien connus du département. Tout d’abord le Fier. Ludo nous aura tuyautés sur un parcours à faire absolument. Malheureusement, à notre arrivée, la rivière est en étiage sévère et le vent souffle déjà dans cette partie de plaine. Nous concluons qu’il serait difficile à la fois de pêcher convenablement mais aussi de ne pas rencontrer des poissons stressés et peu enclins à mordre vu le faible débit. Direction l’aval pour essayer de trouver un peu plus d’eau sur d’autres portions en espérant que la récupération d’affluents viennent gonfler le débit. Mais force est de constater que ce ne serait pas possible de pêcher aux appâts sur cette vallée. Après avoir rendu visite au Chéran par curiosité, nous nous résignerons à pêcher à la mouche en début d’après-midi sur la partie aval du Fier non sans avoir rencontré beaucoup de mal pour trouver des accès dans cette partie, la rivière étant régulièrement très encaissée…

Puis sur le chemin du retour, arrêt sur l’Arve pour un coup du soir improvisé sur cette puissante rivière qui nous sauvera du capot. Une toute autre rivière, large et puissante, et encore en fonte de neige en octobre… Impensable mais vrai. Au premier regard, cette rivière me parut familière car très ressemblante avec le gave de Pau, rivière du Béarn que j’ai l’habitude de pêcher.

Bilan de la journée : une journée sans sur le Fier, dû essentiellement au manque d’eau et au manque de connaissance du territoire, mais certainement une rivière bien agréable à pêcher dans de meilleures conditions.

 

Les retrouvailles avec Ludo :

Les deux jours suivants, nous pêcherons à 3, Ludo nous ayant réservés un peu de son temps pour nous guider sur son territoire et partager avec nous de bons moments de pêche. Nous échangeons sur nos premières sorties et il définit très rapidement nos attentes. Tout de suite, il nous explique son programme et les possibilités qu’il entrevoit. Programme validé, en avant !

Première journée à passer ensemble, nous retournerons sur le Giffre un peu plus en aval que la zone pêchée le premier jour. Le profil de la rivière est sympa et les postes nombreux. Avec Eddy, nous entamerons notre partie de pêche comme habituellement aux appâts, Ludo privilégiant une pêche à la nymphe. Difficiles en début de partie de pêche, les touches des truites se firent plus nombreuses dés l’apparition du soleil sur l’eau, faut dire qu’il ne faisait pas chaud ce matin à notre arrivée avec cette bise…

En bon savoyard et maître des lieux, Ludo réussit à déclencher des touches régulières en passant à l’aplomb des postes et nous démontra toute l’efficacité de sa technique.

Nous l’imiterons l’après-midi et continuerons à toucher quelques poissons à tour de rôle.

Deuxième journée, direction le Borne, un torrent difficile d’accès avec une pêche de gorges essentiellement. Nous partons pour une journée complète à remonter une splendide rivière dans un cadre enchanteur.

Pour l’occasion, j’optais pour un modèle 3m60 (Olivine prototype) de la gamme EAUX VIVES équipé d’un moulinet LUXOR ZG FV 2500 placé au talon. Pour assurer un suivi impeccable de la ligne dans ces bas fonds, le COLOR LINE Green sera de rigueur en corps de ligne.

Encore une fois, le démarrage se fit en douceur par quelques prises de truitelles, puis en fin de matinée, tout s’accéléra. Chacun se mit à toucher pas mal de poissons et je réussis à piquer 5 truites dans un seul et même pool.

Ludo m’ayant d’ailleurs averti de cette possibilité au regard de l’activité croissante des fario et du potentiel du torrent. Puis, aussi vite que cela été arrivé, les captures diminuèrent jusqu’à ne plus rien toucher.

Des traces fraîches nous laissant penser que nous n’étions pas tous seuls sur le parcours et même devancés de peu. Chose vérifiée après avoir décidé de regagner la voiture pour finir le coup du soir ailleurs. Dommage, on y avait pris goût à cette jolie rivière. Mais tout de même pas mécontents d’avoir bien pu vérifier la forte densité du cours d’eau proclamée le matin même par Ludo.

Pour finir la journée, direction l’Arve. Moins blanche que la veille en raison de l’arrivée du froid et de gelées nocturnes.

Eddy et Ludo repassèrent en nymphe, je décidais de rester aux appâts naturels. Tout commença bien avec la prise d’une petite truite et d’un ombret pour le groupe puis rideau. Encore une fois, nous aurons pu constater la régularité de l’activité des truites durant les heures chaudes et de l’apathie des poissons en dehors de ce créneau. En résumé, des fenêtres où les touches sont franches et répétées suivies de long moments sans touches. Telle était la tendance du moment…

 

Pour finir :

Dans la journée du samedi, nous somme retournés avec Eddy sur la vallée de la Dranse. Le matin, se fut encore difficile de trouver une zone vierge de pêcheurs et nous avons vite compris qu’il faudrait faire avec en ce week-end de fermeture. Descente à la rivière avec le soleil qui commence à montrer le bout se son nez et déjà quelques captures s’en suivent…

On sent tout de même que l’affluence est régulière sur ce cours d’eau, bien vérifiée par les nombreuses traces de semelles sur les berges meubles et les galets de bordure, ce qui demande de pêcher juste pour toucher les derniers poissons en appétit et épargnés par les appâts piégés des pêcheurs précédents.

Encore un bon moment passé sur la Dranse qui mérite réellement le détour.

L’après-midi, nous déciderons d’aller découvrir la Dranse d’Abondance plus en amont. Rencontre avec une belle rivière torrentueuse bénéficiant d’une zone de gorges de toute beauté. Mais là aussi, la pression de pêche est importante et nous aurons beaucoup de mal à toucher quelques poissons. Pourtant, on sent bien que le potentiel y est bien présent, mais les poissons en ont certainement ras-le-bol d’être dérangés, dans l’attente probablement d’un peu plus de tranquillité…

Bascule sur l’autre affluent qui forme la Dranse, la Dranse d’Avoriaz. Nous ne ferons que la longer tellement son niveau semble bas… Et prenons le chemin du retour pour nous arrêter l’histoire d’une heure sur la Ménoge.

Pour l’avoir pêché quelques années auparavant lors du salon de Fillinges, et de part le retour d’amis pêcheurs, je sais que ce cours d’eau modeste vaut que l’on s’y intéresse. Mais rien à voir avec mes souvenirs, l’eau manque ici aussi. Nous choisirons tout de même d’y aller. Et réussirons à toucher quelques truites sur les quelques poches d’eau encore existantes.

Retour au gîte à Villard avant la nuit, Ludo nous rejoindra pour partager notre repas du soir et bien sûr profiter pour échanger sur notre passion commune.

 

Avant de rentrer :

Retour prévu le lendemain, nous profiterons jusqu’au bout du bout et déciderons en ce jour de fermeture de consacrer plus de temps à pêcher l’Arve.

Pas facile de toujours évaluer les variations de profondeur de la rivière dans cette eau blanche, c’est là qu’intervient l’expérience accumulée au fil des ans et qui nous permettra de ne pas passer au travers. Une pêche lente et lourde est souvent de rigueur en pareil cas.

Privilégiant les cassures, les bordures, les aplombs végétalisés, et les sorties de fosse, nous réussiront à leurrer de belles truites dodues à la robe bien distincte comparée à celle de leurs voisines des eaux claires.

 

Le bilan :

Temps est venu de mettre fin à cette semaine de vacances. Le pays savoyard est riche en possibilités et nous aurons pu toucher du doigt son potentiel halieutique malgré la période d’étiage marquée et une activité en dedans.

Un domaine piscicole complet qui saura ravir la majorité de pêcheurs de truites mais pas seulement…

Donc, si vous avez l’occasion de passer par les vallées de Haute-Savoie et que vos cannes vous accompagnent, n’hésitez-pas une seconde, vous y trouverez surement votre bonheur.

Et merci les copains pour ce séjour bien sympa !

 

Lionel ARMAND – Moniteur-guide de pêche dans les Pyrénées

 

Les bonnes adresses en Haute-Savoie :

 

Un gîte sympa et raisonnable en prix bien positionné et à deux pas de la Ménoge :

villard-74.wixsite.com/villard-74

 

« Au rond dans l’eau », magasin de pêche à Fillinges :

www.leronddansleau.com

 

Ludovic BRIET, moniteur-guide de pêche :

www.guidepechesavoiehautesavoie.com

 

Et pour suivre des stages de pêche autre part en France :

 

Eddy BERTRAND, moniteur-guide de pêche en Aveyron :

www.guidepecheaveyron.com

 

Lionel ARMAND, moniteur-guide de pêche dans les Pyrénées :

www.stagepechetruite.com