NEVER GIVE UP: CARNALEURRES DE VITRY LE FRANÇOIS

Voilà 6 années que je participe au « Carnaleurres » de Vitry le François, cette compétition, pourtant amateur, n’en permet pas moins d’accueillir quelques excellents pêcheurs habitués aux compétitions, et des locaux de l’étape, habitués aux parcours très poissonneux de cette petite ville.

C’est la seule compétition que je fais dans l’année faute de temps pour en faire plus. Sur les 5 dernières années, je préfigurais toujours entre les 10ème et 12ème places grâce à une perche maillée. Mais il fallait se rendre à l’évidence, depuis 5 ans, tous les gagnants misaient sur la prise de brochet. L’an passé, j’avais invité (et vous l’aurez sans doute reconnu sur l’affiche), Johan Miroux à faire cette compétition. Son expérience lui avait souri et il avait terminé premier. Cette année, je comptais bien lui garder sa place au chaud avec deux stratégies. Pêcher la perche sur le 1er secteur, et sur l’autre, me concentrer sur le brochet. Après tirage au sort, je me retrouve sur le secteur où je compte pêcher la perche. C’est le secteur le moins productif des deux, mais on peut avoir de belles surprises.

Je démarre avec mon leurre fétiche pour la perche, le V²IB 7,5 cm, mais rien, passage au GRUBBY SHAD, rien. Il faut savoir en revanche que les poissons non maillés comptent 5 ou 10 points en fonction de l’espèce. Cela fait peu, par exemple il faut 40 perches à 5 points pour totaliser une perche maillée de 200 mm. Mais cela permet de différencier les compétiteurs qui prennent du poisson même non maillé. J’arrive enfin à trouver un patern qui fonctionne, tête plombée G’ROUND STREET FISHING de 0,9g et GRUBBY GUN 5 cm Natural Grey.

Mais en dehors d’une perche maillée qui m’aura suivie et de plusieurs décroches, à la pause de midi, je n’ai que 2 perchettes et 10 points au compteur. Il faudra donc  scorer l’après-midi, car des compétiteurs totalisent déjà plus de 1000 points avec deux brochets chacun. L’après-midi, j’oriente mon binôme sur une zone de roseaux et frondaisons où les brochets se concentrent. J’attaque au spinnaker 14g, mais rien. Passage au DOGORA, rien. J’enfile alors un chatterbait CHATTER IMPACT Natural Blue et comme trailer un SWEEPGUN 11,5cm Natural Grey. Je propulse le leurre sous une frondaison. Quelques tours de manivelles et fait une pause. La tresse se tend, ni une ni deux, j’envoie un ferrage et après moins d’une minute épuise un brochet correct.

Verdict, 670 mm.

L’après-midi commence bien. Je relance le chatter impact deux mètres à côté, nouvelle attaque et… coupé au-dessus du bas de ligne en hard mono de 60/100. Mon FLUOROCARBONE ICE de discrétion en 29/100 n’aura pas résisté. Le brochet semble s’être enroulé autour du bas de ligne. Mince, il faisait environ 60 cm et m’aurait donné une confortable avance. Je repêche la zone 20 bonnes minutes avec mon autre canne, mais rien. Entre temps, d’autres compétiteurs passent derrière moi, et je propose à mon binôme de prendre le contre-pied de ce que nous voulions faire, et de ne plus pêcher les roseaux, mais les frondaisons et herbiers de l’autre côté.

Entre temps, je choisi de remonter ma canne directement sur le 29/100 et d’y mettre un V²IB sur une G’SLIDE STREET FISHING 5g. Je modifie ma stratégie de pêcher uniquement le brochet l’après-midi, car ayant un brochet au compteur, une perche maillée pourrait alors être très bénéfique. 5 minutes plus tard, je rendre une première perche de 297 mm et engrange (en arrondissant) 300 points.

Mais il m’en faut plus et après 10 minutes d’acharnement, c’est une nouvelle perche à 250 points qui vient s’enregistrer sur ma feuille de capture, alors que je pêche les postes qui viennent d’être exploités par les autres compétiteurs.

N’ayant pas d’info sur ce qu’on prit les autres pêcheurs en tête le midi, je reste concentré. Je propose à mon binôme de terminer sur le port où il y a beaucoup d’herbiers. Ayant vu un brochet pris au spinnerbait l’heure précédente, je me dis que les palettes sembles avoir le dessus aujourd’hui. Je monte alors une cuillère BUCK PIKE TANDEM. Au premier lancer, je prends une violente touche. Je ferre et… plus rien. Je remonte, et vois que ma tresse à lâcher au nœud de raccord avec le bas de ligne de discrétion. Je suis partagé entre colère, démotivation et incompréhension. L’ensemble de mes nœuds (nœud FG) avaient été refaits et testés la veille.

Ce poisson était celui de la victoire. Ni une ni deux, je remonte un hard mono de 80/100 et une cuillère BUCK PIKE TANDEM. Premier lancer et nouveau brochet, mais d’environ 40 cm. La poisse, seulement 10 points, et aucun doute que ce n’est pas celui qui m’a cassé au lancer précédent. La déception me gagne, mais je dois y croire. Je continue et sélectionne les postes avec à la fois des herbiers pour le brochet, mais également des zones dégagés pour faire évoluer mon V²ib correctement, les perches l’aspirant sur le fond.

A 15 minutes de la fin, je vois une perche sortir de la bordure et prendre mon leurre, ferrage et décroché. Arfff, c’était maillée. Je remets le leurre, et le pouvoir du V²IB fait le reste, ferrage, et… bizarre, je la voyais plus grande. Je mesure, et environ 20 cm. J’appelle mon binôme et verdict, 202. Yes, 200 points de plus.

La fin de la compétition sonne et l’attente me paraitra interminable, mais à l’annonce des résultats, je monte sur la plus haute marche du podium avec 1440 points et en prime le big fish.

Malgré la malchance, mon acharnement et mon changement de stratégie auront payé.

Encore bravo aux organisateurs pour cette belle date, comme chaque année. Merci à mon binôme du jour pour les photos. Et un très grand merci à PEZON ET MICHEL/GUNKI pour leur soutient et pour ces leurres qui savent faire la différence quand il le faut.

Rdv l’année prochain pour le 7ème Carnaleurres


Alex