SANDRE EN VERTICALE 3/3

Après avoir évoquer les leurres pouvant être dédiés à la pêche en verticale, puis les questions liées à l'association tête plombée/leurre; je reviens ici sur quelques aspects techniques liés au maniement du leurre ainsi qu'au port de la canne.

La pêche en verticale se caractérise par une gestuelle propre à cette technique. Pratiquée la plupart du temps en bateau dont le déplacement sera indéniablement associé à cette pêche la rendant ainsi, encore un peu plus singulière.

La pêche se fera le plus souvent contre le vent ou a remonter le courant ce qui nécessite un bateau doté d'équipements spécifiques et doit être quelque peu aménagé pour la verticale. Un échosondeur est indispensable pour localiser les sandres et  un moteur électrique suffisamment puissant pour permettre de pratiquer toute une journée durant.

Avoir un équipement adapté est un chose, savoir l'utiliser en fonction des différentes conditions rencontrées en est une autre. Une  parfaite connaissance de son territoire est indispensable tout comme savoir comment positionner correctement son embarcation, prendre ses repères, lire les berges, interpréter le profil du lac, identifier les cassures, saisir la nature du fond ainsi que des structures qui s'y dissimulent...

Autant de questions pour lesquelles, certains, font appel aux services d'un guide professionnel, leur permettant ainsi, outre d'adopter plus rapidement les bons réflexes et gagner un temps considérable, de prendre confiance dans cette technique redoutable.

La tenue de la canne en verticale se pratique de deux manières différentes ; soit de façon dite « porte plume », pointe de canne dirigée vers le bas, proche de la surface, parfois au ras ou à peine dans l'eau afin de limiter la portance du vent sur la ligne. Soit de manière plus traditionnelle, en tenant la canne parallèlement à la surface et légèrement diriger vers la surface.

Dans les deux cas, une fois le leurre en activité, la concentration doit être maximale, être dans sa pêche et ne rien penser d'autre pour être prêt à ferrer la touche qui peut survenir à tout instant.

La verticale, c'est beaucoup de mental, au début, les ratés peuvent être nombreux et déconcertants tant les touches sont diverses et variées. Tantôt marquées par une attaque très violente du leurre, certaines, rares tout de même, à s'en faire littéralement arracher la canne des mains (une des touches préférées par la plupart des verticaliers) et parfois beaucoup plus discrètes, caractérisées par une petite tape brève, une simple lourdeur ou un léger tressautement dans la ligne...

Dans tous les cas de figure, la plus petite touche et le moindre doute doit être immédiatement sanctionné d'un ferrage appuyé de bonne amplitude.

Je vais vous détailler l'animation de base et quelques subtilités que l'on peut y apporter.

Il s'agit à mon sens, de la meilleure façon de débuter dans cette pêche, grâce à une animation permettant de prendre rapidement ses premières touches et surtout, se donner envie d'aller plus loin dans la technique.

Avant de démarrer, déterminez dans votre boîtes trois ou quatre leurres de coloris, vibrations et grammages différents et prenant en compte toutes les conditions de pêche (profondeur, force du vent,...). C'est dans l'article n° 2 que j'aborde ces aspects: Sandre en Verticale 2/3

Une fois le poste défini, avec à l'écran du sondeur, quelques jolies « bananes » indiquées sur le fond ou légèrement décollés, caractérisant des sandres, il va falloir faire preuve d'une grande concentration et surtout d'adaptation. Trop souvent les pêcheurs qui démarrent en verticale, impriment une animation forte et saccadée, celle qui leur a apportée tant à d'autres occasions.

Pour la verticale, il n'en est rien, vos leurres souples sont faits pour cela, ils émettent des vibrations spécifiques et sont étudiées pour, (cf Sandre en verticale 1/3) évitez donc le plus possible, ce que l'on appelle les sur-animations même s'il est difficile parfois, de gommer des automatismes installés de longue date.

De même, évitez de faire traîner trop souvent le leurre sur le fond ; un leurre très légèrement décollé, de 10 à 40 cm en moyenne dirons nous, sera bien plus pêchant et prenable.

L'animation consistera alors, à faire évoluer son leurre de manière stable, parallèlement au fond et jamais très loin éloigné de cette zone en veillant aux informations que vous délivrera le sondeur. Testez différentes hauteurs d'évolution et différentes vitesse de déplacement, même si votre leurre n'est pas vraiment à l'aplomb de votre scion mais légèrement à l'arrière, cela n'est en rien dérangeant.

Vous pouvez occasionnellement laisser le leurre reprendre le contact avec le fond, mais toujours sans insister. Ensuite le décoller une nouvelle fois, cette étape peut se faire plus ou  moins rapidement, sur quelques dizaines de centimètres au plus. Enfin faites progresser le leurre sur une longueur d'un à deux mètres en essayant le plus possible de conserver sa bonne stabilité et garder sa concentration . Pas d'animation superflue, on ne fait qu'accompagner le leurre, puis on recommence en insistant sur les zones d'échos. Après avoir lancé sa ligne, ne jamais oublier de maîtriser la descente du leurre et rester toujours très vigilant car les touches surviennent souvent durant l'une ou l'autre de ces étapes.

A la touche, je rappelle que le ferrage doit être instantané, un bon ferrage réflexe et de bonne amplitude afin d'assurer au maximum sa prise.

Petite variante supplémentaire ; il arrive parfois que les poissons présents ne réagissent pas sur nos leurres, par méfiance, en raison d'une pression de pêche trop importante ou simplement durant les périodes d'inactivité de l'espèce. dans ces cas entrecoupez alors les phases de remontées ou descentes par un léger tressautement du leurre. Cela s'applique en laissant le leurre retomber sans aucune retenue sur quelques petits centimètres seulement, la tresse permettra avec son absence d'élasticité favorisera un petit rebond du leurre, ayant pour effet de déclencher l'attaque des poissons boudeurs mais dont leur instinct de prédation fera le reste. En effet le prédateur dans ce cas, perçoit sa proie comme étant en état de stress, ou qu'il a été repéré par cette même proie qui pourrait fuir déclenchant une ainsi une touche réflexe. Il ne faut pas en abuser, mais sur de jolis échos, cela peut réellement faire la différence.

Mon équipement type :

Canne Gunki shigeki S 190 M puissance 7-21 gr

Moulinet Gunki FG FV150

Tresse Pezon&Michel : Slide Braid (diam : 8/100ème)

Fluoro-carbone : Pezon&Michel : Ice ( 24/100ème et 26,5/100ème)

Mes leurres du moment : GUNKI : V2Riggle, V2IB, G'Bump, Clipper, Grubby-Shad et Grubby-Free

Têtes plombées : G'verti 14 , 18 et 21 gr + G'slide 12,15,18 et 21 gr + agrafes Spécialist en taille 0.

 

Mon article verticale touche à sa fin, j'espère vous avoir apporté quelques éclaircissements, quelques repères techniques et indispensables vous permettant de tester, découvrir et pourquoi pas vous passionner pour une nouvelle pêche.

Au plaisir de vous rencontrer au bord de l'eau,

 

Eddy Bertrand  - Guide de Pêche en Aveyron – Aveyron, terre de pêche

www.guidepecheaveyron.com