Pezon & Michel

STRATEGIES D'OUVERTURE : 1ère PARTIE

Published on Apr 5, 2010 by Yannick LINE.

Cette année, pour la première fois, l’ouverture de la pêche du brochet, ou de façon plus générale, celle des carnassiers dans les cours d’eau de 2nd catégorie, a été harmonisée sur l’ensemble du territoire français : le 01 mai. Bien sûr, c’est génial de pouvoir recommencer à pêcher plus tôt que les années précédentes, mais, malheureusement, dans beaucoup de régions, les sandres n’auront pas fini de frayer. Cela implique que cette espèce, très vulnérable lors de la période de frai, risque donc de payer un lourd tribut. Je ferai donc tout pour éviter d’en pêcher, en préférant des techniques plus orientées vers la recherche des brochets et éventuellement des perches. Partisan du  catch & release, je relâche tous les poissons que je pêche, dans des conditions optimums à sa survie. Si jamais je prends un sandre « charbonnier », (poisson doté d’une pigmentation très sombre voire noire, caractéristique des mâles qui protègent leur nid), je le décroche et le relâche au plus près de l’endroit où je l’ai piqué. Ainsi, le poisson aura de meilleures chances de retourner remplir son rôle de gardien, garant de nos futures parties de pêche.

1_1.JPG Ok mais comment aborder cette journée tant attendue après des mois d’un sevrage imposé, mais accepter de bon cœur, pour le bien-être de nos compagnons de jeu ? Pour moi, l’ouverture s’effectuera sur mon terrain de jeu favori : le lac de Guerlédan. C’est un lac de barrage de 400ha et 12km de long, un véritable paradis niché dans un écrin de verdure au cœur de la Bretagne. Mais, comme tout paradis, il se mérite, c’est un lac où il possible de réaliser des parties de pêche d’anthologie tout comme des bredouilles mémorables !

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Bon, fini le guide touristique, passons aux choses sérieuses ! Ayant la chance de posséder un bateau, j’ai la possibilité de ne pas me limiter quand à la quantité de matériel que je prends avec moi. Cependant, il est tout de même important et nécessaire d’établir une sélection de leurres que je vais utiliser en priorité. Du coup, j’applique une règle qui me permet de gagner du temps : « coller au milieu ». Cette règle se décline en 3 points : Quel coloris, quelle intensité vibratoire et quelle taille ? Pour répondre à ces 3 questions il faut observer le milieu : là où l’on va pêcher.

 
· Le choix du coloris va s’effectuer en fonction de la turbidité de l’eau et du temps : Si elle est claire et le temps ensoleillé, je vais choisir un coloris naturel voir transparent. Si celle-ci est légèrement teintée et le temps couvert, un coloris naturel métallisé. Si l’eau est teintée, voire très colorée, je vais passer sur du fluo ou carrément du noir. Dans ce dernier cas, je cherche à « contraster » par rapport au milieu pour être visible, alors que dans le premier cas je tente de m’y fondre afin de ne pas effrayer le carnassier.
 
·  L’utilisation de leurres bruiteurs (avec billes) ou à très fortes capacités vibratoires (lipless, blades…), reprendra les mêmes principes que précédemment, mais en y intégrant un élément supplémentaire : le bruit environnant. Plus le milieu est chargé en vibrations et sons (passage fluvial, activités nautiques, courant…), plus je vais employer des leurres bruyants.
 
·   Cibler la taille des leurres avec lesquels je compte pêcher a aussi beaucoup d’importance. Bien souvent on associe la pêche du brochet à l’utilisation de gros leurres, ce qui est loin d’être pour moi, une vérité absolue. Je préfère réserver mes « big-baits » (littéralement gros leurres), pour la fin de saison. En règle générale, mes pêches de début de saison se font avec des leurres de moins de 10cm car, dans la mesure du possible j’essaie de me fondre dans le milieu. Je m’explique, début mai rime souvent avec une « manne alimentaire », à disposition des carnassiers, sous la forme de milliards d’alevins qui pullulent en bancs compacts. Les leurres que je vais donc utiliser, en priorité, vont ressembler (en taille et vibrations) aux alevins ou les poissons qui les pourchassent. La sacro-sainte chaine alimentaire faisant le reste : le petit poisson est mangé par un poisson plus grand, qui lui est mangé par un poisson encore plus grand…
 
Je pars du principe que le poisson calque son activité sur celle du milieu. Dans une eau claire, le carnassier sera plus facilement repéré par sa proie, donc plus méfiant et inversement dans une eau très teintée. C’est une règle que j’applique constamment, et qui me fait gagner beaucoup de temps. Mais, comme  à toute règle, il y a des exceptions : si jamais « le naturel » n’est pas la tendance du jour, peut-être que le « flashy et bruyant » le sera !

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Voici ma sélection d’ouverture pour les brochets et perches (les coloris, vibrations et tailles sont à adapter en fonction des conditions du jour J) :

  • Des leurres souples à monter en antiherbe et trailers pour jigs, si jamais les poissons sont dans les nénuphars, les bois morts ou arbres immergés : Super Reaper Jr, Gambit Shad et NSJB.
  • Des Jerkbaits, poissons nageurs que l’on anime de façon linaire entrecoupée de coups de scion pour déséquilibrer la nage du leurre, de 6 à 10cm : Colt Minnow 65 et 80, Arnaud 100 et la famille des Squad Minnows (65, 80 et 95).
  • Des Lipless, à ramener de façon linéaire et rapide pour les poissons actifs: TN 50, 60 et 70.
  • Des Spinnerbaits et Chatterbaits pour les pêches de bordures rapides : Eruption pour les pêches rapides (2 palets feuilles de saule), Spinnerbait Impact SC (Simple palet colorado) pour les pêches lentes et Chatterbait Impact pour des pêches de réaction.
  • Des poissons nageurs articulés (c’est ma botte secrète d’ouverture !) : Deka Hamma-Ku-Ru et le Flat Bone Clicker Jr.

     

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Cette sélection préalable de leurres va déterminer le reste du matériel que je vais utiliser et donc orienter le choix de ma canne. Si je devais n’en prendre qu’une, elle serait de puissance MH (7-28g),  cela me permet de couvrir la majorité des leurres que je vais employer. En fonction de sa longueur, je vais l’associer avec un moulinet en taille 2000 à 3000 (ou équivalents) de sorte à équilibrer au mieux l’ensemble. Alors tresse ou nylon ? Adepte de la tresse, je me reconvertis de plus en plus aunylon. Pour toutes les pêches dans moins de 6 mètres d’eau et hors zones ultras encombrées j’emploie du nylon. J’utilise le diamètre le plus élevé possible sans que cela nuise à ma pêche (nage du leurre, pénétration et visibilité dans l’eau…). En conditions normales, je pêche avec du 28°°, en pêche finesse 18-24°° et pour les milieux très encombrés de la tresse en 20°° ou du nylon en 40°°. Pour ce qui est du bas de ligne, je m’adapte en fonction des conditions, ma préférence va à l’acier pour la sécurité et au Flurocarbon pour la discrétion.

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Tight lines et à bientôt au bord de l’eau !

Yannick

 

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