Pezon & Michel

STRATEGIE D'OUVERTURE DANS LES ALPES
Published on Jan 28, 2009 by Ludovic BRIET.
Les Alpes sont chaque année, un des massifs montagneux les plus disparates et le plus touchés par les caprices de la climatique. Seuls les pêcheurs polyvalents techniquement seront à même de pouvoir tirer leur épingle du jeu dans des conditions les plus souvent changeantes.
Les Alpes sont un réservoir de ruisseaux, petites, moyennes et grandes rivières de plaine ou de montagne avec des profils calmes ou torrentueux. On entend souvent leurs noms sans vraiment savoir qui elles sont, et où elles traversent les Alpes.
Les plus connues sont : les Dranses, le Fier, l’Arve, le Borne, le Haut-Rhône, le Chéran, la Bourne, l’Arc, l’Isère, la Basse Rivière d’Ain, le Drac, le Guiers, la Clarée, la Durance, le Guil, le Buech, la Romanche, la Gervanne, la Drôme, ….

Tous ces lieux de pêche ont un point commun, ils ont du poisson et il nous faudra trouver ce qui fonctionnera le mieux au jour « J » pour en capturer un ou deux.
Si nous cherchons à sélectionner la taille des poissons – plus de 50 cm, il nous faudra pêcher « gros » et généralement de grands linéaires comme la Basse Rivière d’Ain, l’Isère, l’Arc, la Romanche ou l’Arve. Deux techniques répondent à cette pêche, la pêche au mort manié et la pêche aux leurres. Si l’on veut prendre du plaisir à pêcher sans rechercher forcément le poisson record, on peut alors utiliser toutes les techniques de pêche et dans toutes les rivières.
Dans ce dossier, nous détaillerons très rapidemment les différentes techniques de pêche utilisées – matériels et des bases techniques simples – pour l’ouverture, puis nous aborderons des « astuces » de terrains pour nous aider à réussir cette période difficile. Nous pêcheurs, avons une technique favorite mais il vaut mieux en avoir 2 pour pallier tout changement climatique !!
Le choix des techniques de pêche est lié à notre habitude de les pratiquer et à leur complémentarité. Par exemple, nous pouvons aisément concilier la pêche à la mouche avec la pêche aux leurres ou bien la pêche aux appâts naturels et la pêche au mort manié car elles se complètent. En fait, nous devons pouvoir présenter un appât de taille très respectable comme un poisson nageur ou un vairon et un appât commun à la truite comme un vers de terre ou une nymphe voire une sèche.


Nous le savons, les techniques nous permettent de pêcher tous les milieux, des plus petits au plus grands linéaires, du moins au plus courants et du moins au plus encombrés. C’est donc à nous de modifier notre action de pêche en fonction du lieu et de la technique et il nous faut alors maîtriser les préceptes techniques qui suivent….
Pour la pêche au mort manié, nous avons besoin d’une canne de puissance variable selon le « mort » utilisé mais toujours au moins de 5-25g et d’au moins 2m10 à 3m et d’action de pointe, j’utilise une Spécialist Lure avec un Luxor 200SL. Le choix du « mort » est au goût des pêcheurs mais en plus du vairon, nous pouvons utiliser des goujons, ablettes ou gardons.
Après, nous avons les montures et c’est là que tout se joue. S’il existe différentes montures – Bohémienne, ariel, godille, clou, drachkovitch, donzette, pour les plus connues, ce n’est pas pour la décoration…. Elles sont toutes spécifiques d’un type de poste même si certaines peuvent être plus polyvalentes comme la drachko. Les montures plombées en tête servent à pêcher des zones profondes – gour – et les courants puissants ; les plombées internes servent à explorer les zones peu profondes de courant modéré et à pêcher au vairon « roulé ». En plus de cela, elles possèdent ou appliquent une « nage » particulière et typique au poissonnet.

Pour la pêche aux leurres, la canne a une longueur varie énormément, de 1,5m à 3m suivant que l'on pêche à l'UL avec une trout spin ou classiquement et en fonction de la taille du lieu de pêche. Elle doit posséder une « plage » puissance adaptée aux leurres que nous lançons – 1-3g, 2-7g, 5-15g, 8-20g, 5-25g… Personnellement, j’utiliserai une Spécialist Lure en 5-25g et une Spécialist Lure en 10-40g. En rivière rapide voire très rapide, nous devons avoir un moulinet qui ramène vite avec au moins 80 cm au tour de manivelle – j’utilise un 300FV Match (94cm/TM) en attendant le Luxor 300SL Match. Bien sûr, nombreux sont les pêcheurs qui n’utilisent que des cuillers tournantes du type aglia ou rapide comme leurres alors que la réussite peut être dans le choix d’une ondulante ou d’un poisson-nageur imitant les poissons de fourrage de la rivière que nous pêchons. Le choix de la taille et de la couleur est primordial. L’important est de ne pas aveugler la truite, ni de la faire fuir en lui « cassant les oreilles » avec un poisson-nageur trop bruyant.
Nous pouvons choisir un squirrel 61 ou squad shad 65 en suspending pour commencer, puis nous pouvons augmenter les tailles en passant sur des leurres en 76, 80 ou 90 voire 100. Si rien ne marche, on peut tenter l’agressivité sur des teintes flash.


Pour la pêche aux appâts naturels – toc –, la longueur de la canne est déterminée entre autre par la largeur de la rivière mais aussi de l’habitude du pêcheur – je préfère pêcher avec une Eaux Vives en 3,90 m en petite, moyenne et grande rivière, d’autres préfèrerons une télé-réglage comme une Ondine – Pour le moulinet, un modèle équipé d’un bon frein sera parfait. Pour les appâts, on peut rester classique avec les vers de terre, vers de farine et les teignes ou essayer avec les appâts de la rivière comme les perles, les pataches ou les porte-bois qui demandent par contre un peu de recherche sous les pierres. La plombée sera ajustée selon les postes et les appâts utilisés dans notre pêche – voir l'article technique sur les appâts.
L’avantage des larves de la rivière, c’est qu’elles font partie du repas quotidien de la truite et qu’elle s’en méfiera bien moins. On peut aussi utiliser un vairon vivant ou un goujon comme appât, ce qui peut être un bon « joker » à sortir si la journée est difficile.


Pour la pêche à la mouche, la longueur et la puissance de la canne sont choisies comme ce qui suit : Pêche en sèche-nymphe en petite ou moyenne rivière, nous prendrons une 9 pieds soie 4-5 ; en moyenne rivière rapide ou en grande rivière, nous prendrons une 10 pieds soie 5-6. Pêche au streamer en moyenne rivière, nous prendrons en moyenne rivière ou en grande rivière, nous prendrons une canne en soie 7-8 ou 8-9.
Pour la soie, nous préférons des profils WF (Weigth Forward ou fuseau décalé) puisqu’en cas de vent, nous lancerons plus facilement en prenant le vent de face. Pour le bas de ligne, le mieux est de préparer plusieurs types et nous monterons le plus adapté aux conditions climatiques au moment de la pêche.
Pour les mouches, tout sera fonction des insectes de notre rivière d’ouverture mais les tonalitéssombres – grise, olive foncée, marron, noire – sont toujours prenantes en début de saison car la majorité des insectes sont de teintes plutôt foncées.

Pour conclure sur les techniques de pêche utilisées à l’ouverture et leurs bases simples décrites ci-dessus, nous devons toujours garder à l’esprit que nous devrons présenter à la truite ce qui lui plaira le plus.

En ce qui concerne la partie des « astuces », elle semblera courte pour la plupart des pêcheurs mais elle nous permettra sûrement de prendre conscience que nous faisons des choses logiques et loin d’être futiles.
Le jour de l’ouverture est un jour attendu de tous les pêcheurs que nous sommes et la plupart se lève quelques heures avant la pointe du jour pour être prêt à jeter leur ligne dans leur coin favori. C’est la tradition et c'est heureux qu’elle perdure mais cela fait 15 ans que je ne la pratique plus car le plus souvent ce sont des engelures ou un rhume que nous attrapons au lieu des poissons et la matinée me sert à revoir mes amis pêcheurs
Je ne dis pas qu’il n’y a pas de poissons à capturer à l'aube mais dans les régions alpines, la température du début mars est souvent négative et nous avons donc des eaux froides et basses. Les poissons sont alors peu actifs – temps de digestion très élevé – et le moindre bruit se trouve mieux propagé car il est moins amorti par la masse d’eau plus réduite.
Comme tous les pêcheurs se retrouvent sur des postes « courus », le bruit est donc plus important que d’habitude et le poisson plus méfiant …

Une astuce simple consiste à partir pêcher plus tard, pour profiter des berges désertées par le flot des pêcheurs matinaux et de pêcher des eaux alors plus calmes et plus chaudes car la température aura pris un ou deux degrés grâce aux quelques rayons de soleil de la journée.
Si vous souhaitez être matinal mais au calme, allez chercher les petites rivières sur les hauteurs ou celles qui nécessitent un peu de marche, elles sont souvent négligées et offrent une pêche qui peut s’avérer être intéressante.
Une autre astuce est de privilégier les no-kill. Ceux-ci permettent de pêcher en toute tranquillité et nous font espérer la capture d’un beau poisson. Quelle que soit la ou les techniques autorisées, le parcours no-kill vous assurera une quantité de poisson supérieure à la normale et donc en théorie plus de touches….
On peut aussi rechercher la truite en deuxième catégorie comme la Basse Isère ou le Haut-Rhône mais uniquement au vers et à la teigne (attention pas de leurres ou de manié, le brochet est fermé !!!)
N’oublions pas le coup du soir à l’ouverture, c’est souvent un moment clef ou les poissons dérangés dans la journée commencent à sortir pour s’alimenter mais il faudra faire vite car il est très court en mars.
Par grand froid, nous opterons pour les grandes rivières car ce sont les milieux aquatiques qui subissent le moins un abaissement de température – ils possèdent plus de masse d’eau donc ils se refroidissent plus lentement –. C’est un choix judicieux, les poissons seront plus actifs et même si vous côtoyez beaucoup de pêcheurs sur les berges, le linéaire est assez large pour offrir de la quiétude aux truites en son milieu. Il faudra alors lancer loin….

Dans la technique de pêche, le maître mot est : lentement. Ne courez pas les berges, prenez le temps de pêcher, de ratisser vos postes, mieux vaut faire 10 postes correctement dans la journée que 20 à moitié. Si vous ne faites rien – d’ailleurs, ça peut arriver à tout pêcheur – n’ayez pas de regrets, au moins vous aurez pêché le plus « proprement » et correctement possible.
Pêchez plus lourd ou plus léger que les pêcheurs que vous rencontrerez, cela peut faire la différence en passant derrière eux. Echanger avec les autres pêcheurs, de nature conviviale, ils vous donneront des informations sur la journée par sympathie.
Dans le matériel, le maître mot est : révision. Changer de fil, graisser son moulinet, vérifier sa canne et ses anneaux, ses hameçons ou leurres – leur piquant –, ses cuissardes ou waders – s’il n’y a pas de trou –, sa veste, son appareil photo numérique – pour les souvenirs –, ses gants, la fraicheur des appâts, votre permis de pêche, le thermos ….
En conclusion de ce dossier, je ne peux que vous souhaiter un bon début de saison avec tout le plaisir de pêcher au bord de vos rivières alpines.
Ludo.
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