Pezon & Michel

ST-ETIENNE-CANTALES 2007 - MI-FIGUE, MI-RAISIN !
Published on Nov 16, 2007 by Eddy BERTRAND.
St-Etienne-Cantalès 2007 - Mi figue, mi raisin !
Remonter à bloc, motivation maximum sont les maîtres mots pour notre première participation à une manche du challenge interdépartemental sous les couleurs Pezon et Michel.
Comme pour plus d’une cinquantaine d’équipages, les 1 et 2 septembre derniers, notre destination nous amène dans le Cantal (15) près d’Aurillac au barrage de St-Etienne-Cantalès.
Un barrage que nous avions découvert huit jours plus tôt lors d’un préfishing.
Avec Jean-mi, nous ne connaissions pas le plan d’eau et il nous est apparu opportun de procéder à quelques repérages avant la bataille.
A notre arrivée, c’est la surprise, un niveau d’eau très haut, un temps d’été après un juillet/août chaotique et surtout une eau quasi verte fluo, je n’exagère pas : il semblerait que des conditions favorables aient provoqué une véritable explosion de phytoplanctons.
Enfin les conditions étant les mêmes pour tous et malgré les dires des locaux annonçant une pêche loin d’être miraculeuse, c’est sans a priori que nous organisons notre préfishing.
De belles populations de zébrées sont signalées, les perches devaient être la clef, et c’est naturellement sur cette espèce que nous dirigeons nos prospections.
L’idée est de découvrir les zones où les poissons sont les plus actifs, repérer quelques spots sans pour autant « matraquer » les fish, il s’agit d’identifier les postes et de comprendre la pêche dans ces conditions inhabituelles pour nous.
Bilan du préfishing qui allait conditionner notre entrée dans la compétition :
1 les nombreuses pointes rocheuses qu’offre le barrage sont intéressantes,
2 quelques jolis poissons suivent de très près les poissons nageurs de petites tailles (ex….), quelques attaques franches,
3 les piles de pont sont productives en jigging (merci Sinker Jig),
4 les poissons les plus actifs se trouvent dans des eaux peu profondes entre (5 et 8 mètres),
5 le sondeur nous indique de très bons spots en retraits de zones de plage à pêcher aux premières heures en linéaire ou aux leurres durs type lipless.
Huit jours plus tard, à notre arrivée, les équipages familiers des lieux sont unanimes, la pêche restera difficile même si depuis deux/trois jours le temps n’est plus celui des jours précédents, un vent du nord s’est installé et quelques précipitations durant la semaine ont rendu l’eau un peu plus claire par endroit.
Le soir, c’est l’heure de monter nos cannes, de passer le matériel en revue et d’affiner notre stratégie de pêche, non pas de rentrer dans l'esprit pro compétition, mais simplement de se prendre au jeu, partager avec d'autres pêcheurs nos savoirs faire et notre expérience aussi petite soit-elle, bref passé un bon moment de convivialité entre amis dans un domaine qui nous plait tel que la pêche des carnassiers.
Samedi 6h30, çà y est, c’est parti !!!

Premier poste : les piles du pont de chemin de fer, un, puis deux poissons non maillés sont rapidement pris, on décide d’insister, les échos au sondeur, comme souvent, sont plus que jolis, les poissons n’attaquent pas franchement, ils prennent du bout de la gueule comme en témoigne mon leurre souple qui s’est fait subtiliser la queue, sans doute une perche, on tourne sur une zone que l’on passe au peigne fin près de deux heures : « Poissons ! Me lance Jean-mi », encore une perche un peu plus belle que les précédentes, elle est maillée, autour de 30/35 cm, mais dommage, elle se décroche à l’épuisette.
D’autres petites perches et un petit sandre viennent s’ajouter aux prises, nous sommes toujours dans le même secteur alors que la matinée est déjà quasi écoulée, nous enregistrons pas mal de touches, mais rien qui maille.
D’ailleurs, sur notre zone, on voit peu d’équipages agiter leur drapeaux et comme les commissaires n’ont pas l’air d’être trop sollicités, notre idée d’insister sur les perches se renforce un peu plus : on va bien finir par tomber sur un banc de jolies zébrées, il parait qu’il y en plein, et des grosses !!!…
Jusqu’à 15h30, heure de fin de la première manche (c’est du rapide), nous n’aurons pas arrêté une minute : Profitant d’une bonne dérive, nous aurons prospecté toutes les pointes rocheuses, les éboulis, les cassures et reliefs intéressants, résultat : perche non maillée, perche non maillée, perche non maillée, sandrillons ...
La cerise sur le gâteau c’est lorsque Jean-mi touche un broc, peut-être la seconde chance de prendre un poisson enfin maillé sur la première manche, mais décidemment la réussite n’est pas avec nous : le broc coupe le bas de ligne, un fluorocarbone en 23/100ème monté en drop pour les perches (facile pour un broc)
Bilan de la première manche : on fait partis du lot des équipages capot, à l’issue de cette première journée, plus de la moitié des concurrents ne sont pas rentrés dans les points.
Nous apprenons que la perche est l’espèce qui a été le moins comptabilisée par les équipes de commissaires (8 perches maillées le samedi sur 52 équipages)
Finalement quelques équipes ont bien tiré leur épingle du jeu sur des pêches de sandres et de brochets (hé oui).
Viennent les regrets d’avoir manqué la pêche et surtout ces deux poissons maillés, histoire d'avoir la possibilité de jouer les troubles faits le lendemain.
Constat : on s’est bien planté, merci le préfishing.
Tant montrer du doigt par certains concurrents, le préfising a aussi ces limites, il nous a permis, certes, de découvrir le site et quelques zones productives, mais en aucun cas la technique de pêche appropriée pour le jour j.
(A ce propos et sans rentrer dans la polémique pour ou contre le préfishing, je suis plutôt favorable à le maintenir, au moins l’autoriser sur le week-end précèdent la compétition de telle sorte que les concurrents qui le souhaitent puissent découvrir le plan d’eau, sans pour autant le pêcher la veille ou l’avant-veille, peut-être faire signer un papier genre qui engage les compétiteurs à ne pas préfisher du lundi au vendredi précédents la manifestation, cela me semble assez raisonnable).
Même si ce sont des évidences, il est important de rappelé qu’à la pêche, rien n’est jamais acquis d’avance, seul ou dans un concours, c’est l’instant présent qui compte, les conditions de pêche pouvant comme nous le savons, très rapidement être modifiées par tel ou tel facteur.
Nous en avions d’ailleurs débattu lors de la table ronde organisée pour l’occasion, au palais des congrès d’Aurillac, où, tous les compétiteurs et intéressés par la pêche étaient conviés. De nombreuses personnalités professionnelles ou non du milieu halieutique étaient également présentes (Limousin, Traissac, Naudeau, Tarragnat, ....).
Il s’agissait surtout de voir ce que le haut niveau, ce que la compétition pouvait apporter à la pêche, un échange assez intéressant auquel le team que nous représentions était invité à participer aux débats.
De notre côté, les choses étaient simples et le retard pris n’allait pas nous faire baisser les bras. Bien au contraire, cela fait parti du jeu lorsqu’on participe à un concours, et il faut savoir accepter l’échec. Pour mieux progresser, comprendre nos erreurs, l’analyse et la remise en question étaient nécessaire : on repart donc de zéro pour débuter plein d’envie la seconde manche.
Restons réalistes, viser maintenant un podium relève de l’impossible d’autant plus qu’il n’y a que quatre heures de pêche le dimanche, et, que le 1er équipage compte déjà 9 sandres et 2 brocs (pas mal du tout).
Il s’agit donc pour nous de sauver les meubles, faire honneur au team et surtout ne pas oublier de se faire plaisir.

Dimanche 7h30 c’est reparti !!,
Hé oui dur dur le dimanche, c’est surtout qu’à se poser autant de questions, on a très peu dormis !
On oublie vite les perches de la veille et on décide avec Jean-mi, de pêcher des tombants entre 5 et 10 mètres.
En effet, la veille, juste avant la fin de la manche, on avait localisé quelques spots avec de jolis échos au sondeur, ça sentait le sandre à plein nez, et nous en avions même pris deux p’tits, il s’agissait pour nous de trouver « leurs grands frères ».
On délaisse donc plomb, drop et leurres durs …
D’entrée on décide de pratiquer une pêche que l’on maîtrise bien, on passe toutes les bordures en linéaire sur leurre souple. Parfois, sur certains spots, on insiste davantage à la verticale, histoire de provoquer à défaut d’appétit, l’agressivité des poissons.
Un brouillard épais nous accompagne et aucun autre équipage n’est dans notre secteur, il semblerait que la majorité des concurrents s’est concentrée sur les postes productifs de la veille, notamment autour des gorges noyées de la Cère.
Au quatrième lancé : Bingo ! Ça a l’air lourd, Jean-mi qui est aux prises avec le poisson me le confirme : « Didi, ça c’est maillé ! Il n’y a pas de doute », le poisson se défend bien et monte doucement au bateau, un magnifique sandre, il a le leurre en pleine gueule et n’est pas près de se décrocher. En le soulevant à l’épuisette je me rends compte qu’il s’agit d’un joli spécimen, les sandres de St-Etienne-Cantalès ne font pas pitié à voir, ils sont bien nourris, à la pesée ça doit avoisiner les 5/6 kilos, pour ce qui est la goulotte des commissaires : cela affiche 82 cm. Joli coup Jean-Mi.


Ca, c’est une spéciale dédicace pour Mister Etienne, le chien jaune de Nouvelle-Calédonie, au passage on remercie vivement Michel Tarragnat pour les photos.
Yes, les sourires reviennent, on sauve la capote mais on ne peut pas en rester là ... il y en a d'autres à prendre, c'est sûr !
Plus motivés que jamais, on reprend notre pêche, concentration au maximum sur chaque descente, tous deux poursuivons en linéaire (leurre souple sur montage articulé).
Notre équipement pour cette technique, canne casting :
Jean-mi pêche avec l'Ashura B – 198 MH d’Illex, sur laquelle il a monté un Curado de chez Shimano, et moi même sur la Spécialist Casting, (Pezon et Michel), avec comme moulin l’Eon d’Abu Garcia.
Que ce soit avec l’Ashura ou la Pezon, ces cannes ont l’avantage de posséder des blanks dotés d’une superbe résonnance, condition essentielle pour ressentir la pêche, maîtriser cette technique et accompagner au plus juste la lente descente du leurre.
Plusieurs attaques se font sentir en début de manche mais les poissons semblent peu mordeurs, ils prennent vraiment du bout de la gueule, même bien armés et avec des ferrages dans « le tempo » (comme dit mon pote coéquipier), nous ne parvenons pas à monter les poissons, à chaque fois, ils se décrochent rapidement ou nous ferrons carrément dans le vide, c'est peut-être des petits fish, nous dirons nous ?
Plus tard, le brouillard s'estompe et les touches sont plus espacées.
A force d’insister, je finis moi aussi par rentrer un poisson maillée, ouf !
Relativisons, il ne s’agit que d’une perche de 32 cm, pas vraiment de quoi casser la baraque même si cette dernière nous permet de gratter encore quelques places au général.
Pour finir, on se classe 21ème : qu’importe le classement, on a le sentiment qu’on aurait pu mieux faire, comme un mélange entre frustration et envie d’y retourner pour un prochain round.
Qui sait ? Peut-être à Sanguinet, dans les Landes pour la finale du challenge édition 2006/2007.
Le podium
1er Team Daiwa-Xpress- la boutique du menuisier (Tissot - Batailler)
2nd Club Pêche Guitalens – L’albarède (Bosc – Raynaud)
3ème Team Astucit (Assie – Sadbe)

Nous constaterons qu'à tous les niveaux le challenge interdépartemental, né chez nous dans l'Aveyron, s'est considérablement rehaussé autant en matière d'équipement et d'organisation que dans la pratique de la pêche par les compétiteurs.
Pour une première sur le site de St-Etienne-Cantalès, l'ensemble des intéressés est reparti ravi.
Coup de chapeau à la fédération de pêche du Cantal pour son accueil et son travail assuré de concert avec l'association Rencontres halieutiques, organisatrice du challenge.
Tous les ingrédients étaient réunis pour passer un bon moment : l’organisation générale de la manche, le forum du samedi soir + les navettes en bus pour Aurillac, le travail des équipes de bénévoles avec en prime, le soleil.


A bientôt pour d’autres aventures.
Eddy
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