Tout a commencé il y a maintenant environ deux ans avec des clients lors d’un guidage. Nous pratiquions une pêche classique au mort manié mais les résultats n’étaient pas satisfaisants. Les poissons n’étaient pas très actifs et seuls deux petits brochets s’étaient laissés séduire par les gardons savamment maniés de nos pêcheurs. C’est à partir de ce moment que j'ai eu l’idée d’associer au poisson mort déjà présent un autre poisson afin de réaliser un tandem, ce qui nous permis ainsi de déclencher les attaques de ces poissons inactifs. Ce fut pour nous la création du « double plouf » !!!
Une technique innovante ??
Je ne pense pas que ce montage soit une innovation, d’autres personnes ont déjà dû avoir l’idée (article de Fabrice Chasssaing dans le Brochet-Sandre numéro 51 de mai juin 2009 qui évoque succinctement cette technique) mais de là à franchir le pas et à la mettre en application je ne suis pas sûr. En effet les remarques que j’ai pu entendre lorsque je faisais découvrir cette monture, me laissaient dire que la plupart des pêcheurs n’y croyaient pas une seule seconde. Et pourtant après une journée de pêche, il est rare que l’un d’eux ne soit pas convaincu par cette technique tant elle est efficace sur les carnassiers. Alors face aux poissons peu mordeurs, je vais vous présenter une alternative non négligeable pour peu que l’on fasse abstraction des idées reçues…
Le « Double Plouf » : où, quand, comment ?
La mise en œuvre du « double plouf », et plus particulièrement la création de la monture n’a rien en soit de bien difficile. Il suffit de se prémunir de quelques ustensiles de base que de nombreux pêcheurs possèdent déjà et dont voici la liste : des émerillons rolling numéro 4, des hameçons triples dont la taille (de 2 a 8) varie suivant la grosseur des poissons utilisés, de l’acier gainé kevlar en 9 ou 12 kg, du fil de cuivre, des montures Drachko (juste l’armature) ou de la corde à piano pour se les confectionner soit même, des chevrotines de 4 à 10 gr (en fonction de l’effet planant que l’on veut donner et de la profondeur), et enfin une pince coupante et une pour serrer les plombs.

Ensuite il suffit de faire le montage en réalisant des nœuds cuillers classiques, de bien faire attention à ce que les deux poissons ne soient pas collés l’un à l’autre (il faut que la tête du deuxième poisson soit au moins 1 cm en dessous de la queue du premier poisson) de les installer sur la monture et la ligne est prête.

Ne pas coller les deux poissons l’un à l’autre a son importance. C’est cela qui détermine la nage de la monture et qui permet de la rendre la plus fluide et la plus planante possible, ce que les poissons adorent. J’ai remarqué aussi que le fait de mettre deux poissons de taille inégale améliorait encore l’attractivité de l’ensemble et limitait les risques d’emmelage lors des lancers surtout si on met le poisson le plus gros en deuxième. Ma préférence va alors sur un ensemble gardon-brème pour son côté planant et brillant qui attire les gros poissons de loin. Il faut animer l’ensemble le plus lentement possible en réalisant des petites tirées sèches et en contrôlant la descente lors des pauses. On voit alors les appâts s’entrelacer à la manière d’un banc de poisson en déplacement.
La saison la plus propice à cette technique, même si elle est efficace toute l’année, reste l’automne et l’hiver lorsque les carnassiers sont à la recherche de nourriture pour passer l’hiver.
A cette période de l’année, plus qu’à n’importe quelle autre, leur déplacements et leurs dépenses énergétiques doivent être réduits au strict minimum, ce qui explique qu’ils n’hésitent pas alors à s’attaquer à des proies volumineuses. De plus, depuis l’ouverture, et même depuis leur plus jeune âge, les poissons ont été sollicités à maintes reprises par des poissons morts maniés animés traditionnellement. Ils peuvent donc se montrer méfiants. Le fait de leur présenter une monture, et donc une animation différente, peut, à mon sens, déjouer cette méfiance et les décider à attaquer. Ce qui permet ainsi de capturer des poissons difficiles comme les plus gros sujets de votre parcours de pêche préféré.



Je trouve cette technique plus efficace lorsqu’elle est mise en pratique sur des pêches de courtes distances d’une part car elle s’emmêle moins, mais aussi parce qu’avec l’expérience, je la trouve plus adaptée lorsqu’il s’agit de pêcher des endroits encombrés à maximum 5-10 mètres du bateau ou du bord. Je ne l’utilise donc pas lorsqu’il faut pêcher loin ou couvrir de la distance, non pas que cela ne fonctionne pas !! Le contour des herbiers ou le dessus des herbiers morts, les arbres et branches immergés, les bords de roselières… sont autant de postes intéressants que je prospecte en priorité. Ces postes n’ont rien d’innovants dans la recherche des carnassiers mais je vous garantis que lorsque vous verrez dans l’eau claire votre monture se faire happer par un énorme brochet vous serez converti à la « double plouf » attitude.



Dans le cadre de cette pêche, le matériel doit être fiable et robuste. Il ne s’agit pas de perdre un beau poisson à cause d’un matériel inadapté. Pour cela, mon choix se porte sur des cannes spinning de 1m80 à 2m10 pour des puissances variant entre 5-25 gr ou 12-28 gr. Pour les modèles plus puissants (la marque Pezon et Michel propose des cannes tout à fait adaptées avec les Spécialist Jig et Sinker jig) . Elles devront posséder une action de pointe pour une meilleure animation et une bonne réserve de puissance afin de contrer un beau poisson voulant retourner dans son refuge. Les moulinets spinning de taille 2500-3000 ( Luxor 200 sl…) suivant les marques seront garnis de tresse 16/100.


Si lors de vos futures sessions, aucune autre technique ne fonctionne, n’hésitez surtout pas à vous inspirer du « double plouf ». Au cours de ces deux dernières années, ce sont plusieurs dizaines de pêcheurs qui ont pris goût à cette pêche, qui l’ont essayé à plusieurs endroits, qui ont eu des résultats et qui maintenant n’hésitent plus une seule seconde avant de la mettre en œuvre. Alors faites comme eux laissez vous tenter, vous pourriez bien être surpris…
Vincent.