Pezon & Michel

Gunki Hi et Grand Bleu

Published on Oct 10, 2011 by Yannick LINE.

 Entre obligations professionnelles mutuelles, fenêtres météo et imprévus de dernière minute, j’arrive à enfin à trouver une date avec mon ami Franck pour aller au large pêcher les lieus sur épaves. 7h15, j’arrive au port et retrouve Franck sur son bateau, un Key West 244 de 7m50, poussé par un Mercury Verado de 300CV ! Ayant une méchante envie de plier du carbone (et de voir ce dont-elle est capable) je monte une Gunki Hi en 2m20, puissance 15-50gr, avec un Stella 5000 garni de 250m de tresse en 17/°° et un bas de ligne en flurocarbone de 40/°°. Bernard, un autre ami, nous rejoint à bord avec le repas de midi. Nous larguons les amarres et prenons la direction du large. Le ciel est clair, le vent quasi nul, le soleil dépasse à peine de l’horizon, bercé par les mouvements du bateau, je suis au paradis.

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Après plus d’heure de navigation, guidés par le GPS du 1198cx SI,nous arrivons sur le premier poste où un doux parfum de sardines flotte dans l’air. L’écran du sondeur confirme, il y a du monde autour de l’épave, et pas que des sardines ! J’ouvre mon pick-up, et laisse filer mon leurre vers l’épave, une cinquantaine de mètres plus bas. Dès la prise de contacte avec le fond, je commence à remonter mon leurre afin d’éviter de décorer le poste. Directement, je prends une claque dans la canne, mais, ferre dans le vide, il en est de même pour Franck et Bernard. Que les touches soient discrètes ou violentes, le résultat est le même : ferrages dans le vide. Ca doit être une véritable hécatombe sous l’eau. Le banc de sardines que nous voyons au sondeur éclate dans tous les sens sous les assauts des lieus et autres carnassiers. Arrivé à environ 30 mètres du fond, je stoppe mon leurre et fait une pause avant de le laisser redescendre, mais, sur le point d’ouvrir le pick-up,  j’ai un pressentiment bizarre. Soudain un électrochoc explose dans ma canne. Ferrage d’ours, la Gunki Hi plie et le frein chante, c’est trop bon, place au sport ! Après quelques minutes je vois enfin un poisson, crème et or, arriver en surface, c’est un joli lieu d’environ 4kg, tout en muscle.

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C’est ensuite à Franck et Bernard de réaliser un doublé.
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Puis la frénésie se calme sans raison apparente. Soudain, la tresse qui se vidait tranquillement de la bobine de Franck, entrainée par son leurre qui redescendait, fait comme un « whosssssssssssss » et c’est une vingtaine de mètres qui se sortent en quelque secondes. Franck, referme le pick-up, la canne se plie en deux et le scion plonge dans l’eau et un claquement résonne en même temps, puis plus rien, la tresse a tout simplement explosée sous la violence de l’impact. Nous avons maintenant une petite idée de la raison pour laquelle les lieus ne mordaient plus, des requins s’étaient joints au festin !
Franck décide de changer d’épave et nous voilà reparti pour une vingtaine de minutes de navigation. Le large a quelque chose de magique. L’on se sent minuscule et très humble au milieu d’une telle immensité. La mer rencontre le ciel sans interruption sur 360°, ce n’est pas qu’une impression d’être seul sur les flots ! La couleur de l’eau est d’un bleu lapis profond doté d’une transparence inouïe. L’hélice crée une trainée turquoise tandis que le soleil en transperçant la surface dessine des colonnes dorées qui plongent dans les abimes. C’est tout simplement magnifique.
On commence une première dérive et rien, pas une tape, au bout du troisième passage, Franck songe à changer d’épave. A peine les mots magiques prononcés « bon y a pas de poissons actifs ici, on bouge », que je prends une tape monstrueuse qui résonne dans ma canne et mon bras. Ma Gunki Hi absorbe sans vaciller le premier rush, le deuxième et le troisième, puis le poisson se calme et la longue remontée commence. Le poisson vient facilement au départ, puis, arrivant en limite de décompression, essaye de repartir d’où il vient. La canne se plie de nouveau et le scion touche plusieurs fois l’eau, mais encaisse sans broncher. Moi par contre, j’ai l’avant bras qui commence à chauffer !
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Puis cinq mètres sous la surface j’aperçois une tache plus claire, ouf enfin. Quelques secondes plus tard c’est un beau lieu qui crève la surface, cueilli dans la foulée par Franck. Il me passe le poisson, qui, à vue de nez, dépasse un peu les 8kg, il y a pas à dire, j’aime le large !
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On refera quelques dérives infructueuses avant que Franck décide d’aller voir une autre épave. Epave un peu spéciale, car, sans qu’il sache expliquer pourquoi, c’est un nid à gros bars, cool ! Et il n’avait pas menti notre capitaine, première dérive et je vois l’Element Rider de Franck vibrer sous l’effet d’une touche énorme. La MH est pliée en deux, secouée par des coups de têtes rageurs, tandis que le frein du moulinet chauffe ! Bernard et moi-même remontons nos leurres et nous nous armons, épuisette pour Bernard et appareil photo pour moi.
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Après un petit moment nous apercevons le poisson sous la surface, c’est un bar et il est gros, très gros ! Tout le monde lâche un cri de soulagement lorsqu’il se glisse enfin dans l’épuisette, mais ce n’est qu’une fois que Franck le présente à la caméra que nous nous rendons vraiment compte de sa taille. Sa tête est tout simplement monstrueuse !
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Une fois l’euphorie passée, nous recommençons à prospecter autour de l’épave, mais hormis quelques touches étranges, pas de poisson au bout de la canne. Bernard descend un Madaï et le résultat est immédiat, il remonte un encornet. Nous commençons alors tous les trois à les pêcher et vu le nombre de touches le fond doit en être tapis ! Et bien, s’il y a une chose qui met de l’ambiance sur un bateau c’est la pêche de l’encornet, entre les touches, les décrochés, les jets d’eau ou d’encre, la partie de rigolade est assurée ! Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. L’heure tourne et nous devons partir, nous avons une bonne heure et demie de navigation pour rentrer au port, mais, comme la première épave est sur la route du retour, il serait criminel de ne pas s’y attarder quelques instants !
Après quelques passages sans touche, Bernard et moi-même recommençons à nous amuser avec les squids qui sont calés le long de l’épave, à l’abri du courant. N’ayant pas de turluttes sur le bateau, un leurre de type Madaï, dont les hameçons simples ont été remplacés par des triples, fait parfaitement l’affaire. Soudain Franck crie « poisson » et c’est au tour de l’Element Rider en H de prendre cher ! Le frein chante une douce mélodie tandis que le jaune de la canne se mêle régulièrement au bleu des flots. Quand le poisson arrive enfin en surface, nous crions tous les trois en même temps « ENORME », et il l’est ce lieu à l’allure préhistorique, tellement gros qu’il a du mal à passer dans l’épuisette. Fleuretant avec les 10kg, c’est le plus gros poisson de la session.
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Que dire de plus, ce poisson fini la journée en beauté. Un avantage de pêcher au large, c’est que durant la longue route qui nous ramène au port nous revivons encore et encore la partie de pêche ! Cadeau suprême, et qui range définitivement cette journée dans la catégorie « magique », un banc de thons réalisera un ballet aérien rien que pour nous ! Trop loin pour que nous puisions tenter de les pêcher, mais juste pour le plaisir des yeux.
Bilan de cette journée : 9 lieus de 4 à 10kg, un bar de 7kg et des encornets d’environ 50-60cm ! La pêche au large, sur des épaves par cinquante mètres de fond, est d’une simplicité inouïe, du moment que l’on se trouve sur le bateau de Franck, l’Or III. Facile, car cela fait des années qu’il prospecte, recherche, cartographie et pêche ces eaux. Un grand merci à toi Franck et Bernard pour cette journée inoubliable.
Petite indiscretion :basé sur nos diverses expériences en mer avec les cannes Gunki vous découvrirez dans quelques semaines la version "Salt Water" dans notre collection 2012.
 
Matériel utilisé:
  • Gunki HI, 220 XH 15-50grs de chez Pezon et Michel, Stella 5000, tresse en 17/°°, Bas de ligne 40/°° et Nitro lightning jerk en 250 (nouveauté Illex 2012 !).
  • Element Rider, S 210 MH et H de chez Illex, Stella 5000, tresse en 17/°°, Bas de ligne 40/°° et Nitro lightning jerk en 250 (nouveauté Illex 2012 !).
  • Sondeur Humminbird 1198cx SI
 

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