La dernière date de notre saison se déroulait sur le barrage de Villerest, à proximité de Roanne. Dernier « road trip fishing» de la saison sans aucune pression ni incidence car ce grand prix de France ne compte pas dans les classements annuels. Pour l’occasion, cette compétition réunit les 20 premiers du challenge qui s’opposeront aux 20 premiers de l’AFCPL en ne recherchant que le sandre. En revanche, la bagarre s’annonce diabolique entre les équipages de D2 puisque le podium n’est pas encore joué et plusieurs équipes comptent sur cette date pour truster les derniers accessits.
Le format est donc original, et dès le chargement du camion, cette originalité se remarque aux cannes embarquées qui se limitent aux Spécialist Verticale et Softbait et à nos boites de leurres réduites à portion congrue : shad et têtes plombées ! L’artillerie du powerfisheur reste à domicile, les poissons nageurs stationnent sagement au garage ! Point de bêtes à poils, de palettes rutilantes, et de billes bruyantes, le week-end s’annonce monastique, à la recherche exclusive de ce percidé qui nous attire et effraye à la fois !
Le menu : panaché de shad sauce Softbait !
800 km plus tard nous arrivons, la nuit déjà tombée, sur les rives du lac de Villerest au port du Bully. La mise à l’eau du bateau nous permet de remarquer, à la lueur des torches, que la couleur de l’eau tient plus du cacao que de l’eau minérale. La Loire a subit une importante montée des eaux et charrie des arbres… Cette difficulté s’ajoute à notre méconnaissance du barrage et l’absence totale d’informations locales. Nous savons d’ors et déjà qu’il sera difficile de briller sur cette épreuve et regrettons de ne pas avoir pu faire de préfishing. Nous profitons tout de même du repas du vendredi soir pour partager avec les autres compétiteurs, gratter quelques informations, et surtout remarquer les prémices d’une organisation qui sera, au cours du week-end, sans faille.
Le réveil et la préparation du samedi matin commence sous une pluie battante qui ne nous quittera pas de la journée. Au cours des 8h de la 1er manche, nous alternons toutes les techniques possibles pour tenter de rentrer un sandre maillé. Nous pêcherons entre 5 et 12 mètres, profondeurs classiques de nos pêches de sandres habituelles. La journée touche à sa fin et juste une coupe de brochet et une perche maillée viendront égayer notre journée. Des équipages prennent bien du poisson, mais nous ne savons pas où ni comment et les équipes du team présentes ne rencontrent pas plus de succès que nous. Néanmoins, les dernières minutes nous font prendre conscience de notre erreur. Suite à un lancé sur la bordure, je touche un sandre non maillé, à moins d’un mètre du bord. Surpris et pressé par le temps je relance sur la même zone, nouvelle touche et surprise, c’est un sandre maillé qui nous évite de rentrer carreau.
1er sandre !
Séchés, reposés après une nuit de sommeil calme malgré les « moteurs » partageant notre logement, nous abordons la deuxième manche bien décidés à trouver le mode d’emploi de ses sandres lunatiques. La veille, de nombreuses équipes, souvent composées de pêcheurs locaux, ont su tirer leur épingle du jeu. Leur stratégie, verticale light et linéaire à distance entre 2 et 3 mètres d’eau… De quoi décontenancer le peu d’habitude de deux powerfisheurs perdus sur un lac de barrage ! Ce matin, c’est le brouillard qui nous enveloppe, mais celui-ci annonce une journée ensoleillée !
Perdu dans le brouillard…
Nous décidons d’attaquer directement sur la pointe rocheuse ou nous avons pris notre sandre la veille. Nous attaquons la zone à distance en linéaire. Nous pêchons volontairement légers (5-7gr) pour éviter de s’accrocher, et alternons les couleurs. Blanc, rose, vert tout y passe et nous approchons peu à peu du poste. Celui-ci semble convoité, les équipages s’agglutinent à proximité et occupent le bras attenant à notre pointe.
Linéaire, ou l’art de ne rien faire tout en ramenant !
Simultanément avec l’équipe à proximité, nous enregistrons une première touche franche. La chance nous fuit car notre sandre approche la maille mais pas suffisamment à la différence de nos collègues. Nous redoublons de concentration et la deuxième attaque vient sanctionner mon shad. Cette fois ci le sandre est maillé et il rejoint notre vivier. L’espoir d’une euphorie nous gagne, la zone semble bonne et nous passerons une bonne partie de notre journée sur ce secteur. Nous allons exploiter ce secteur dans les moindres recoins, alternant les techniques, louvoyant sur les différentes cassures de la zone.
Route sur notre échonsondeur GPS
Notre entêtement ne semble pas la bonne approche et après quelques heures sur ce secteur nous décidons de redescendre sur le bas du barrage. Nous saluons notre « cousin », Christophe Decours, du team Illex, qui réalise une manche plus qu’honorable, pêchant seul et pour une fois pas le black bass. Nos déambulations semblent vaines, et plutôt que de errer, nous décidons de retourner sur notre premier secteur. Malgré notre bonne volonté et un mental pas encore en berne, nous ne réussissons pas à rentrer un poisson supplémentaire. Il est maintenant temps de faire mesurer notre poisson et de rejoindre le port du Bully.
2ème sandre !
La sortie des 80 bateaux est épique et l’annonce des résultats met en lumière nos lacunes actuelles. Les premières équipes se battent avec une vingtaine de sandres à leurs actifs, loin très loin de nos 2 sandres. Les équipes du challenge trustent les premières places, et seule une équipe D1 s’incruste en deuxième place. Ces résultats montrent également l’importance du préfishing, afin de centraliser un maximum d’informations. Déçus mais décidés à progresser sur les pêches du sandre en lac. Nous tenons à remercier les organisateurs et bénévoles qui ont fait de cette épreuve un succès ! Le rassemblement des différents circuits est enrichissant et mérite d’être renouvelé plus souvent.
Damien.