Pezon & Michel

OUVERTURE DE LA TRUITE 2010 !

Vom 25 Mar 2010 von Yannick LINE.

       Ca y est, c’est bientôt le moment de refaire nager les leurres à la recherche de Dame Fario,mais hors de question d’y aller sans un minimum de préparation ! Je procède de la même façon avant chaque ouverture : observation des conditions climatiques, repérage des parcours, révision et préparation du matériel.

 
Observation des conditions climatiques : cela permet d’affiner la préparation du matériel et le choix du parcours. Cette année, une chose est sûre : les récentes crues et les températures relativement froides de l’hiver ne nous faciliteront pas la pêche. Les poissons seront bien nourris peu enclins à se déplacer.
Repérage des parcours : le 1 ou 2 jours avant l’ouverture, je pars en reconnaissance afin de déterminer les parcours les plus propices ainsi que des solutions de secours. En effet, on n’est jamais à l’abri d’un coup d’eau ou d’une fréquentation record des berges.
Révision et préparation du matériel : je commence par vérifier l’état général du matériel, cannes, moulinets, leurres…et change sans hésitation toute chose suspecte : hameçon émoussé, pince grippée, nylon de la saison dernière…quand je suis au bord de l’eau je dois être efficace à 100% et avoir une confiance aveugle dans le matériel que j’utilise. Je suis également très méticuleux dans la préparation des boîtes de leurres : rangement par taille, par profondeur de nage, avec ou sans billes…une boîte pour les poissons nageurs et une boite pour les cuillères. Moins je perds de temps à changer de leurres, plus je passe de temps à pêcher et donc plus j’augmente mes chances de prendre un poisson. Autre chose à laquelle je porte beaucoup d’importance, c’est le moyen de transporter mon matériel pour qu’il soit facilement accessible et ne me gêne pas en action de pêche. Alors même si ça fait rire à la maison je fais des essais grandeur nature de gilets, de sacs, d’agencement de boîtes…pire qu’une fille aux dires de certaines personnes ! Puis, il y a un objet qui, à mes yeux (sans jeux de mots !), a tout autant d’importance que la canne, le moulinet ou les leurres : les lunettes polarisantes. Elles me permettent de repérer les obstacles, les poissons, de perdre moins de leurres, de voir d’où surgissent les truites, d’apercevoir celles qui suivent ou avortent leur attaque au dernier moment…bref autant d’informations indispensables à une partie de pêche réussie.
 
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Le jour J est enfin arrivé et je trépigne d’impatience au bord de l’eau en attendant 8 heures (l’heure légale d’ouverture). Bon, personne  à l’horizon, ce qui n’est pas pour me déplaire, c’est toujours moins agréable et plus compliqué de passer derrière un autre pêcheur. Le parcours, que je vais pêcher, fait en moyenne 5-6 mètres de large et abrite une bonne population de truites fario. Elles ne sont pas forcément énormes, une truite de 30cm est une belle prise, mais ce sont des « vrais » truites farios. Ce cours d’eau est géré de façon « patrimonial », c'est-à-dire qu’il s'agit de conserver et transmettre un patrimoine naturel en préservant les populations sauvages dans leur milieu. Les repeuplements sont proscrits, car inutiles, voire dangereux. Une population de poissons (espèce repère, ici la truite fario) peuple le milieu de façon naturelle. Elle y effectue toutes les phases de son cycle vital (éclosion, croissance, reproduction) tout en supportant une pression de pêche.
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Il y a pas mal de courant, l’eau est relativement claire et le temps clément : qu’est ce que ça fait du bien d’être à la pêche ! Je commence par monter un Tiny Fry 50 coloris truitelle comme ça, si jamais les poissons ne sont pas actifs, je pourrais toujours jouer sur « la défense de territoire ». En effet, une truite va avoir 5 ou 6 postes dans la rivière entre lesquelles elle va naviguer en fonction des conditions et de son activité. Ses postes seront farouchement défendus contre tout intrus (surtout plus petit) pouvant lui faire concurrence. Donc même sur des postes de repos, on pourra réussir à déclencher des attaques. J’utilise la Spécialist Trout Lure en 1.80m et le Luxor 200SL avec du nylon Color Line Clear en 16.5°°, c’est un ensemble que je trouve extrêmement polyvalent car il me permet de pêcher aussi bien avec un Squad Minnow 65 qu’une cuillère de taille 00 et de contrer sans craintes les rushs d’un gros salmonidé ou d’un carnassier.
 
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Enfin 8 heures sonne, passons aux choses sérieuses, après 3 lancers c’est le « toc » tant attendu qui résonne dans la canne et la première truite de l’année me gratifie de 2 superbes chandelles avant de venir poser pour la photo souvenir. Effectivement, les truites ont bien mangés. Celle-ci est en pleine forme et a une belle robe caractéristique des truites farios.
 
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Je la relâche le plus rapidement possible afin qu’elle puisse repartir dans les meilleures conditions. Je l’ai piqué en bordure d’une zone de calme, et ce sera, à quelques exceptions près, le schéma de l’ouverture : sur les 37 poissons pêchés 34 ont été pris sur ce type de poste. Durant de courtes phases d’activité, les poissons se laissaient séduire par du Tiny et Flat Fry 50. Par contre une fois la phase d’activité passé, la cuillère se révélait être plus efficace. Lorsque je pêche aux leurres, dès que j’ai un suivi ou une tape, je pratique le « downsizing », c'est-à-dire que je réduis la taille du leurre en utilisant par exemple un Tiny Fry 38 où une cuillère 00 et là c’est quasiment 100% de taux de réussite. Un poisson qui s’est déplacé, soit pour se nourrir soit pour chasser un intrus, a dépensé de l’énergie, et donc quand une petite proie passe lentement à côté de lui il profite pour refaire ses réserves.
 
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La manière d’aborder le poste a beaucoup d’importance, car cela peut vous permettre de prendre plusieurs poissons sur une même zone si c’est exploité de façon stratégique. Voici comment j’aborde une zone calme.
1er et 2ème lancers : je passe au large du poste, ainsi s’il y a un poisson actif, il sera disposé à effectuer le déplacement, sans pour autant « pourrir » le poste.
Lancers suivants : je vais « remonter » le poste afin d’épargner les zones non pêchés en cas de prise d’une truite.
Le positionnement a aussi énormément d’importance : si je me place trop en aval mon angle sera trop fermé et si je me place trop en amont je risque d’être repéré. Parfois la topologie du terrain ne me laisse pas  le choix, mais dans la mesure du possible je me place de sorte à ce que mes lancers se fassent selon un angle d’environ 80° en début de zone et 60° en fin de poste.
 Avant que la nuit tombe, je décide d’aller sur une zone plus basse de cette rivière. Le cours d’eau y est large de 10-12 mètres et beaucoup plus lisse que la partie supérieure. Pour les leurres, je vais utiliser du Squad Minnow 65 , du Squirrel 61 et du RS 100 mais c’est ce dernier qui aura le plus de succès. Après à un refus d’une vraie grosse truite sur un Squirrel 61, coloris truitelle, je repasse avec un RS 100, coloris naturel, et là je vois l’ombre qui se détache du fond, et se cale dans le sillage de mon leurre, la voilà enfin « ma grosse truite d’ouverture ». Soudain, une truite bien plus petite, surgit de nulle part et intercepte mon leurre calant ainsi la belle pour de bon, enfin, du moins jusqu'à la prochaine sortie !
 
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Bon c’est l’heure de rentrer et de se reposer un peu, demain Tony et Rické, amis de longue date, me rejoignent pour partager mon terrain de jeu.
 
 
Le soleil se lève à peine et nous voilà au bord d’un ruisseau de 2 à 4 mètres de large, peu profond et relativement propre à pêcher où discrétion et précision seront les maîtres mots. Dès le premier lancer, je décroche une truite de 25-26 centimètre au Tiny Fry 38 coloris vairon, Rické utilise un Chubby Minnow 35 coloris gold trout et Tony, quand à lui, pêche à la cuillère bleuté n°0, et c’est lui qui prendra la première truite, dotée d’une robe vraiment magnifique, sur une sortie de pont.
 
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 Quelques mètres plus loin Rické prend une truite plus petite sur son Chubby 35. Sur ce parcours d’environ 1 km, nous prendrons chacun 2 poissons et ferons le même constat : la veille, autant  les truites réagissaient bien aux poissons nageur, autant ils les boudent aujourd’hui, sur les 6 truites prises, toutes, sauf une l’ont été à la cuillère et cette tendance se confirmera sur le prochain parcours.
 
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Après ce petit réveil musculaire et le réglage des lancers, nous partons sur un parcours de 4 kilomètres au profil varié : longues lisses sablonneuses, zones lentes et profondes, parties rapides et chaotiques…ce parcours est physique, technique et sauvagement beau. C’est un parcours fréquenté où celui qui saura prendre des risques pour pêcher là où les autres n’auront pas réussi ou n’auront pas osé, sera récompensé! C’est le terrain de jeu idéal pour nous permettre d’exprimer pleinement notre passion : la traque de Dame Fario aux leurres.
 
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La largeur du cours d’eau, 6 à 15 mètres, nous permet de pêcher plus facilement à plusieurs et même en passant en 3ème position. Le fait de pêcher à plusieurs n’est pas un handicap à condition de prendre certaines précautions.  Il faut pêcher en saute-mouton : une fois que l’on a fini de pêcher sa zone dépasser le collègue en faisant un grand détour afin de ne pas le gêner. Cela permet aussi en variant les leurres de déterminer le plus rapidement celui qui a le meilleur rendement. De plus le fait d’être à plusieurs, permet aussi de franches rigolades, la prise de belles photos  et en cas d’accident (chute, hameçon planté dans un doigt…) d’avoir une personne à proximité pour vous aider.
Nous procédons ainsi pêchant tantôt côte à côte, tantôt chacun son tour ou en « saut de mouton » en fonction de la largeur et du profil du cours d’eau. Pour prendre des poissons, il n’y avait pas 36 solutions, la cuillère devait être posée au centimètre près en prenant tous les risques, quitte à décorer certaines branches ! Mais quel plaisir de poser son leurre exactement à l’endroit voulu, le sentir rentrer en action suivi immédiatement d’une décharge résonnant dans la canne, témoin de la violence de la sanction infligée à l’intrus inopportun. Voici en images les truites ayant succombées aux reflets brillants et étincelants de nos cuillères quipénètrent sur leur territoire.
 
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Au cours de la journée, chacun d’entre nous tentera de pêcher au poisson nageur mais sans réussir à égaler les performances d’une cuillère. Ce sera donc la cuillère dorée en taille 0 et 00 qui sera à l’honneur. Pour ce qui est du poste de prédilection, on prend les mêmes que la veille et on recommence : zones calmes à l’abri du courant et quand à l’animation : la plus lente possible. Pêcher la truite à la cuillère tournante reste pour moi la technique « artificielle » la plus productive tout au long de la saison. Elle permet de s’équiper correctement sans se ruiner, de prendre du poisson dans toutes les conditions et d’exploiter tous types de postes et de profondeurs d’eau. Voilà donc, en quelques mots, le récit de mon ouverture 2010. Bien que cela ne soit pas la meilleure période pour traquer les truites, l’ouverture  reste toujours un moment magique où l’on retrouve ses parcours fétiches, ses compagnons de jeux et où on se libère des tensions accumulées dues au manque de pêche !
 
Tight lines et à bientôt au bord de l’eau
 
Yannick
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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